Mali: L'économie nationale, première victime de l'embargo

24 Septembre 2020

Avec la fermeture des frontières et la rupture des transactions financières, certains secteurs clés de l'économie enregistrent déjà d'importantes pertes.

Après la fermeture des guichets de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) au lendemain du coup d'État du 18 août, les banques maliennes n'avaient plus accès aux ressources déposées auprès de la BCEAO.

La BNDA, Banque nationale de développement agricole du Mali, avait pris certaines mesures comme le plafonnement des retraits par type de clientèle et l'arrêt d'octroi de nouveau crédit. Mais à la réouverture des guichets de la BCEAO quelques jours plus tard, la situation était redevenue plus ou moins normale, confirme Cissé Aichata Touré, directrice commerciale et du marketing à la BNDA.

"Avec le blocage des comptes du trésor public au niveau de la banque centrale, il ne nous a pas été facile de compenser les chèques pour le traitement des salaires du mois d'aout. Pour ne pas alimenter la crise, les banques tout comme lors du coup d'État de 2012, ont décidé d'avancer les salaires. D'autant plus qu'une grande partie de ces fonds sert à couvrir nos échéances mensuelles ", explique la directrice commerciale et du marketing de la BNDA.

Cissé Aichata Touré ajoute par ailleurs que, "les sanctions de la Cédéao causent de plus en plus de difficultés à notre clientèle que ce soit avec les transactions avec l'extérieur ou encore dans l'exécution des marchés internes par manque de ressources."

Les salaires de septembre déjà prêts ?

Selon une source proche du ministère de l'Économie et des Finances, malgré les sanctions économiques et financières à l'encontre du Mali, les mandats pour le paiement des salaires des fonctionnaires du mois de septembre sont déjà effectifs au niveau du budget national. Il n'y aura pas de problème pour payer les salaires de ce mois précise notre source.

Les secteurs essentiels durement touchés

Pour l'économiste malien Amadou Bamba, certains secteurs clés de l'économie malienne sont d'ores et déjà très affectés par l'embargo. Il explique que "le directeur général de la douane a déclaré sur la chaine nationale, qu'ils ont eu en un mois une perte de 7 milliards de Franc CFA."

Cela constitue un coup dur pour l'économie malienne, selon l'économiste."Cette perte va affaiblir également la mobilisation des recettes de l'État, mais aussi les marchandises qui n'entrent pas sur le territoire national. Conséquence : ceux qui vivent des activités de vente de marchandises vont se retrouver dans un système de chômage technique et ne pourront plus payer des taxes pour alimenter les caisses de l'Etat", conclut Amadou Bamba.

Selon Goodluck Jonathan, médiateur de la Cédéao, le président Ghanéen Nana Akufo Addo, président en exercice de l'institution sous régionale devrait se prononcer sur une éventuelle levée ou pas de l'embargo après l'investiture, ce vendredi, du président de la transition Bah Ndaw.

Plus de: DW

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