Congo-Brazzaville: Covid-19 - Les agents de la riposte continuent de réclamer leurs arriérés de salaire

La manifestation de ce jeudi 24 septembre visait à interpeller le numéro 1 de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), le Dr Jean Jacques Muyembe, pour qu'il prenne ses responsabilités afin que les agents de la riposte contre la Covid-19 soient remis dans leurs droits.

Les choses n'ont pas beaucoup évolué au niveau des agents commis à la riposte qui continuent d'attendre désespérément leur dû. A l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), le climat est à la révolte. Les infirmiers et autres prestataires de ce centre de recherche, épicentre de la riposte contre la Covid-19, ont à nouveau battu le pavé ce jeudi 24 septembre pour réclamer leurs arriérés de salaire, cinq mois pour les uns et trois mois pour les autres. En tout cas, la tension était perceptible dans la matinée, sur fond d'invectives et des chants hostiles à l'endroit du ministre de la Santé, le Dr Eteni Longondo, sur qui pèsent des graves soupçons de détournement des fonds alloués à la riposte.

Les agents engagés dans la lutte contre le coronavirus ont gagné la rue, une manière de manifester leur colère contre les abus dont ils ont été l'objet de la part des gestionnaires des fonds alloués à la riposte. Nonobstant les risques qu'ils ont pris dans la prise en charge des malades, ils ne s'expliquent pas qu'ils puissent sortir de cette tragédie les mains bredouilles alors que la riposte a généré d'importants fonds. Après avoir investi l'Institut national pilote de l'enseignement des sciences de santé (INPSS) où ils ont fait du boucan, brûlant au passage des pneus, les manifestants ont mis le cap sur l'INRB. Là-bas, ils ont carrément dérangé la quiétude du personnel trouvé sur les lieux, poussant l'outrecuidance jusqu'à bloquer l'accès à tous ceux qui s'y rendaient pour le test voyage.

C'était, dit-on, une manière pour eux d'attirer l'attention des responsables de ce centre de recherche et, en particulier, du Dr Jean Jacques Muyembe, le chef de la riposte. « Nous sommes venus ici exprimer notre ras-le-bol. Nous avons sollicité à plusieurs reprises d'être rétablis dans nos droits, ça n'a jamais été fait. C'est pour cela que nous sommes ici aujourd'hui, pour manifester, bloquer tous les passagers qui viennent faire le test, et pour que le docteur Muyembe, lui le numéro 1 de la riposte, puisse prendre ses responsabilités afin que les agents de la riposte Covid-19 soient remis dans leurs droits », a déclaré un des manifestants, excédé par tant de mépris affiché par les responsables de l'INRB à leur endroit. Plus grave, certains manifestants ont déclaré n'avoir perçu que la moitié de leur salaire pour les quelques rares fois qu'ils ont été rémunérés.

Pour rappel, l'Inspection générale des finances avait initié un audit sur les fonds alloués à la riposte contre le coronavirus et avait conclu qu'il y a eu mégestion au ministère de la Santé. Il avait alors saisi la justice qui, à travers le Conseil d'Etat, a saisi à son tour l'Assemblée nationale pour obtenir la poursuite contre le ministre de la Santé Eteni Longondo.

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