Cote d'Ivoire: Libération de proches de Soro - Peut mieux faire

Les pro Soro libérés

Depuis l'adresse à la nation du 6 août dernier, une sortie par le truchement de laquelle Alassane Ouattara a décidé de se porter candidat à la présidentielle du 31 octobre prochain, la lagune Ebrié ne cesse de charrier des eaux troubles. En effet, il ne se passe pratiquement pas un jour sans qu'il y ait, quelque part en Côte d'Ivoire, une manifestation pour dire non à sa candidature jugée anticonstitutionnelle par les camps d'en face.

Et les ennemis, et non des moindres, disons que l'actuel président en a à revendre. Il faut reconnaître que de ses trois grands contempteurs que sont les deux ex-présidents (Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo) et l'ancien président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, il est difficile de savoir à qui attribuer la palme de la capacité de nuisance.

Fort de la décision du Conseil constitutionnel qui, le 14 septembre, a envoyé aux choux 40 des 44 postulants à la magistrature suprême parmi lesquels Laurent Gbagbo, Mamadou Koulibaly, Albert Mabri Toikeuse et Guillaume Soro, Alassane Ouattara fonce désormais tête baissée et cornes dressées vers son 3e mandat. Et l'actuel locataire du palais de Cocody se fout comme de sa première barboteuse de ces menaces de l'enfant terrible de Ferké qui souligne que la présidentielle en l'état ne se tiendra jamais en Côte d'Ivoire et appelle de toutes ses forces à l'union sacrée des opposants pour faire barrage à ce qu'il qualifie de « coup d'Etat civil de Monsieur Ouattara». Des propos d'un ancien chef rebelle, qu'il faut donc prendre au sérieux. Pour sa part le camp présidentiel veut afficher une certaine sérénité et plastronne même, à commencer par le Premier ministre, Hamed Bakayoko, qui va allégrement de meeting en meeting, jouant au bon Samaritain comme ce fut le cas à la place Figayo de Yopougon le 17 septembre dernier.

Même s'il arrive aussi que l'on veuille jouer au bon prince, au moyen de cette libération d'une dizaine de proches de Guillaume Soro intervenue mercredi dernier et assortie, convenez-en, de conditions drastiques en période électorale : les élargis n'ont le droit ni d'entrer en contact les uns avec les autres, ni de participer à des «meetings» et doivent se garder de « cyber-activisme ». En somme une prison à ciel ouvert. Et d'autres proches de Soro tels Lobognon, Soul to Soul et Tehfour restent en prison. Et comme il fallait s'y attendre, cette décision est amplement boudée par les soroïstes qui estiment qu'il ne s'agit que de mesures cosmétiques destinées à contenter la communauté internationale, surtout la France.

C'est dire que, malgré les tentatives d'apaisement, la paix des braves est loin d'être signée, et le volcan loin d'être totalement éteint. C'est louable de libérer des prisonniers qui vont retrouver leurs familles, mais dans la situation actuelle, ce n'est pas ça qui va calmer les ardeurs des frondeurs. Les lendemains restent donc incertains dans ce pays pourtant de cocagne, et un remake de 2010 est dans les esprits, l'année des 3000 morts suite au refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d'ADO et exigeant le recompte des voix. Mais touchons du bois. Peut-être qu'un sursaut patriotique viendra de part et d'autre avant que l'irréparable se (re)produise.

Plus de: L'Observateur Paalga

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