Cote d'Ivoire: Abou Koné, imam - «Point d'obéissance à un être humain dans la désobéissance au seigneur, fut-il ton père ou ta mère»

Le dimanche 20 septembre 2020, au siège du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié, président candidat du parti septuagénaire, a lancé un appel à la désobéissance civile lors d'une réunion à laquelle ont participé plusieurs partis de l'opposition, syndicats et groupements de la société civile.

Suite à ce mot d'ordre, le quotidien L'Intelligent d'Abidjan a interrogé Abou Koné, conférencier, théologien et Imam à Dabou, qui a indiqué : « Toute religion appelle à obéir à l'autorité établie par le Seigneur. Le respect aux ordres de cette autorité, tant que ceux-ci ne sont pas une désobéissance au Seigneur, est une exigence.

Par exemple, si l'autorité me dit d'accepter que deux garçons se marient, en tant que musulman, je dis non. Si elle me dit d'accepter que deux femmes se marient, je dis non. Point d'obéissance à un être humain dans la désobéissance au Seigneur, fut-il ton père où ta mère.

Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire sortant d'une crise grave qui n'est pas lointaine dans le miroir de nos consciences, lancer toute opération ou même tout mot violent pour appeler à des violences, à tout coup de feu, tout pneu brûlé pour détruire le peu de goudron que nous avons, toute mise en péril de notre liberté d'aller et venir, toute action qui va empêcher les Ivoiriens d'aller au travail, constituent des actions qui font peur. Et les Ivoiriens ne doivent plus jamais accepter cela.

Autant il y'a la désobéissance civile, l'appel à des manifestations, autant aussi il y'a l'autorité établie qui dit que de telle période à telle période, tout est interdit. La désobéissance civile est contre le respect de la hiérarchie.

La hiérarchie dit de passer à des élections pour trouver une nouvelle hiérarchie. Je crois que cela se passe démocratiquement dans les urnes ».

« Il ne faut pas mêler la population et nos enfants aux querelles politiques »

« Que les querelles politiques se déroulent dans le langage politique, dans la proposition de plans de gouvernement, sur le terrain des lois et des débats. Mais il ne faut pas mêler la population, nos enfants. Il ne faut pas mettre en danger nos plantations et nos boutiques.

Et après, eux ils vivront parce que la plupart n'ont même pas leurs enfants ici. Et ce sont les enfants des gens que nous voyons sur les routes qui se font emprisonner parce qu'ils ont désobéi aux lois.

Se prononcer sur la politique, ce n'est pas faire de la politique. Mais jouer son rôle de guide religieux ».

Plus de: L'Intelligent d'Abidjan

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