Ile Maurice: Descente chez Swan - L'ICAC enquête sur l'achat controversé des actions de NMH en 2016

25 Septembre 2020

Rebondissements dans l'affaire New Mauritius Hotels (NMH)-Financial Services Commission (FSC).

L'enquête sur les sources de financement pour l'acquisition d'un bloc d'actions de NMH à Rs 29 par ENL et ses filiales, lors des séances boursières du 16 et 18 février 2016, a franchi une nouvelle étape. Pour cause : la présence d'une équipe d'enquêteurs de l'Independent Commission against Corruption (ICAC) hier matin dans les locaux de Swan à Port-Louis.

Cette enquête, suivant cette transaction largement médiatisée, soupçonnée de délit d'initié en 2016, a permis ainsi aux limiers de la commission anti-corruption de scruter, voire de saisir, tous les documents et fichiers électroniques susceptibles d'apporter de nouveaux éléments à verser au dossier. Lors de la saisie des documents, les enquêteurs ont voulu s'assurer qu'il n'y a eu aucune infraction aux procédures des assurances sous la FSC. Plus particulièrement sur le rôle joué par Swan dans le cadre de cette transaction boursière.

On sait qu'en février 2016, le groupe ENL a conforté sa position au sein de la filiale NMH. Résultat : 45,5 millions d'actions de NMH, représentant 9,4 % des actions de la compagnie, ont été échangées sur le Crossing Board de la Stock Exchange of Mauritius.

ENL Land et sa filiale Rogers & Co ont acheté une part additionnelle de 5,82 % dans le capital de NMH. Ce qui porte à 29,87 % la participation du groupe ENL dans NMH et le confortant ainsi comme l'actionnaire de référence du groupe. Swan Limited a été le troisième acquéreur. En achetant 3,6 % des actions de NMH, elle a augmenté son actionnariat à 5,7 %. La holding de Swan est une compagnie associée de Terra et Rogers.

«Special investigator»

Un volet important de l'enquête de l'ICAC porterait sur les décisions de Swan Life d'utiliser une partie de ses fonds de pension pour racheter des titres de NMH. Et ce, en vue d'éviter in extremis en 2016 qu'un groupe d'investisseurs y mette le grappin sur le groupe hôtelier.

À l'époque, l'Investment Officer du groupe, Nitish Benimadhu, avait justifié les investissements de Swan en évoquant que l'objectif était créer de la valeur pour ses clients. Et d'ajouter qu'en 2016, les fonds d'investissement de Swan ont eu un rendement moyen estimé à 7,49 %, alors même que le benchmark moyen pour ces fonds était de 4,3 %.

Dans la foulée, Kriti Taukoordass, Managing Partner chez Mazars, avait été nommé à la FSC comme «special investigator» pour faire la lumière sur l'acquisition des actions de février 2016. Toutefois, après son rapport, les protagonistes dans cette affaire, à savoir NMH, ENL Land, Rogers et Swan avaient logé une action en cour contre l'institution régulatrice pour la somme de Rs 1 milliard. Mais cela n'avait aucune incidence sur l'enquête initiée par l'ICAC.

À la Swan, la direction souligne qu'elle coopère entièrement à cette procédure. Elle réitère que ses investissements boursiers ont toujours été effectués dans le respect des lois et des règlements en vigueur. Et tient à rassurer ses clients, principalement ceux ayant souscrit à un plan de pension, que «les différents fonds ont toujours fait l'objet de placements mûrement réfléchis et prudents avec pour objectif d'assurer leur croissance à long terme».

Plus de: L'Express

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