Sénégal: Tour du Sénégal des stades - Un défi de taille à relever pour Tambacounda

24 Septembre 2020

Comme nous l'avons rappelé ces dernières semaines, le Sénégal n'a plus accueilli la «grande» Can de football depuis 1992 et n'a jamais organisé ni Jeux africains ni Jeux de la Francophonie. Principalement parce qu'il manque cruellement d'infrastructures sportives. Pourtant, tant bien que mal, les sportifs sénégalais parviennent à s'illustrer à l'international et continuent d'être de bons ambassadeurs de leur pays.

Mais le Sénégal tarde à être un «pays de sport», c'est-à-dire avec une réelle volonté politique de développer les infrastructures sportives, en nombre et en qualité afin de mettre ses ambassadeurs sportifs dans les grandes manifestations internationales, dans les meilleures conditions possibles de performance. Un ancien ministre des Sports disait que «les Sénégalais sont un peuple de sportifs, mais pas de champions». Ce qui peut se comprendre vu la rareté des infrastructures dédiées, combinée à la déliquescence et à la vétusté de celles qui existent.

Nous entreprenons, à compter de cette parution, un Tour du Sénégal des stades, sorte d'état des lieux en matière d'infrastructures sportives, pour montrer l'étendue du chantier. Première escale : Tambacounda.

Une région très vaste, un seul stade fonctionnel pour quatre départements. C'est le constat des acteurs à Tambacounda où les infrastructures constituent le maillon faible du secteur des sports. Un vrai handicap au point que la région souhaite une discrimination positive pour bénéficier d'aires de jeux adaptées aux différentes disciplines sportives et surtout aux compétitions officielles.

Caractérisée par une population jeune, Tambacounda est aujourd'hui l'une des régions qui font du sport un moteur de développement, car occupant une place primordiale dans les activités de ses jeunes. Mais malgré le nombre élevé de pratiquants, le sport reste le parent pauvre dans cette partie orientale du pays qui enregistre un manque criant en équipements pour les différentes disciplines.

Le seul stade municipal, devenu régional, est aujourd'hui surutilisé. Il abrite les nombreuses joutes sportives : matchs de la ligue régionale de football, championnat navétanes, combats de lutte, etc. Face à ces sollicitations tous azimuts, les acteurs pointent du doigt le dénuement presque total. « Notre région n'est pas bien gâtée du point de vue des infrastructures sportives.

Tambacounda accuse un énorme déficit », reconnait Boubacar Kanté. « Le seul terrain correct qu'on a, c'est le stade régional qui est doté d'une belle pelouse. On a une piste d'athlétisme qui est médiocre, deux bons terrains de handball, un terrain de basket, correct, mais toutes ces infrastructures sont concentrées dans le même stade », fait savoir l'ancien président de la Ligue régionale de football. Selon lui, « on peut dire que le seul stade régional constitue une infrastructure correcte, encore que les équipements ne sont pas forcément adaptés à la formation ».

Une quarantaine de terrains nus

« Le stade de Tambacounda a été réfectionné dans le cadre du partenariat entre le Sénégal et la Chine ; ce qui avait permis à la jeunesse de la région orientale d'améliorer ses performances en matière de sport », estime le directeur du stade. Selon Ameth Tidiane Danfakha, les travaux ont commencé en 2010 pour se terminer en 2013. « L'infrastructure compte 2000 places assises.

Il n'y a pas de tribune découverte pour contenir le flux de supporters qui se déplacent à chaque match », regrette-t-il. « C'est le seul terrain de toute la région et il est surexploité. Il se pose aussi le problème de l'entretien, surtout en cette période de Covid 19 où il n'y a pas de recette depuis six mois », déplore-t-il.

Pour sa part l'Inspecteur de l'Education populaire et de la jeunesse, Ousmane Diagne, précise que le stade de Bakel est en construction depuis plus de 10 ans. « A Koumpentoum, les initiatives de la Mairie et du Conseil départemental butent sur l'opposition manifeste entre les deux structures.

Chacun veut bâtir un stade ou un terrain clôturé au et cela bloque pendant que la jeunesse n'attend que la réalisation du stade pour avoir des recettes et pratiquer le sports dans de bonnes conditions », note-t-il. « On attend toujours un consensus pour avoir un projet commun », indique M. Diagne qui précise qu'une quarantaine de terrains nus ont été recensés dans les quatre départements que compte la région.

Ces terrains non revêtus et inadaptés aux compétitions officielles, on en trouve également à Kidira, selon Boubacar Kanté. « Dans ce département, il y a des équipes qui évoluent en division régionale, mais qui n'ont d'autres choix que de jouer sur un terrain clôturé », déplore l'ancien président de la Ligue régionale de football. Et à son avis, c'est ce genre de situation qui explique que Tambacounda continue à se morfondre dans les bas-fonds de la hiérarchie du football national.

Une discrimination positive attendue

Aujourd'hui, les attentes sont nombreuses à Tambacounda, face à l'absence d'infrastructures sportives dignes de ce nom. Selon Boubacar Kanté, ancien président de la Ligue régionale de football, une politique de développement sportif ne peut être efficiente tant qu'elle ne s'adosse pas à un bon maillage au plan des infrastructures. Et de ce point de vue, dit-il, que Tambacounda attend beaucoup de l'Etat.

Pour l'Inspecteur de l'Education populaire et de la jeunesse, Ousmane Diagne, « il faut une discrimination positive pour la région, car Tambacounda compte beaucoup de sportifs et dans toutes les disciplines ».

Ainsi, liste-t-il, « Tambacounda a besoin d'un stade régional, car étant la région la moins lotie du pays ». Bakel aussi. « Le stade est très attendu, car depuis près de dix ans, il n'y a point d'avancées dans la construction », note-t-il. Pour les navétanes, indique-t-il, « il faut des stratégies pour contenir le flux de matchs qui se jouent jusqu'après minuit voire 2 heures du matin avec de sérieux problèmes de sécurité ».

Dans les départements, il urge, selon lui, « de procéder à la construction de nouvelles infrastructures pour permettre aux jeunes qui habitent ces localités de faire éclore leur talent ». Pour Ousmane Diagne, Tambacounda regorge de jeunes talentueux, capables de représenter la région dans toutes les compétitions nationales. « La motivation et le suivi pourraient constituer un stimulant pour permettre à la jeunesse d'exposer ses performances sportives », a-t-il dit.

Pour Boubacar Demba Tamba, journaliste et chroniqueur sportif, Tambacounda attend toujours son stade régional ; ce « joyau sportif » qui va étoffer l'existant. « La doléance pressante reste de voir définitivement une belle contribution à la promotion du culte de l'excellence. Un véritable site de culture sportive pour toutes les disciplines qui puisse booster la compétitivité en développant la conscience civique, le sens de l'honneur et le goût du travail bien fait », fait-il savoir.

Aujourd'hui, le vœu le mieux partagé dans cette partie Est du pays c'est de voir sortir de terre ce stade régional digne de ce nom qui contribuera à l'éclosion de futurs champions du Sénégal, d'Afrique et même du monde dans toutes les disciplines.

Plus de: Le Soleil

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