Madagascar: Vols de rapatriement - Air France veut supplanter Air Madagascar

D'après les informations, une interpellation ou une demande (c'est selon) officielle a été faite via l'ambassade de France à Madagascar.

Tendue. Alors que le consensus est encore loin d'être trouvé en ce qui concerne les Îles Eparses, un nouveau dossier risquant d'intensifier le bras de fer entre Madagascar et la France est en train de voir le jour. De sources bien informées, Air France cherche actuellement à supplanter la compagnie de transport aérien malagasy et interpelle les responsables d'Air Madagascar par rapport aux vols de rapatriement des citoyens malagasy qui souhaitent rentrer au pays au départ de Paris.

L'affaire risque de devenir une affaire d'Etat. En effet, si l'on en croit à nos sources, l'interpellation ou la demande (c'est selon) a été faite via l'ambassade de France à Madagascar. Une menace à peine voilée aurait même été lancée à l'encontre d'Air Madagascar. Christophe Bouchard, ambassadeur de France aurait affirmé que « les administrations françaises concernées par ce dossier, dont la Direction Générale de l'Aviation Civile française (DGAC), sont très attentives à la situation des vols entre les deux pays et veilleront à ce que la stricte réciprocité soit préservée dans nos relations et dans le traitement réservé aux deux compagnies, conformément à l'accord aérien qui lie Madagascar et la France ».

Fair-play. Apparemment, Paris ne souhaite aucunement jouer le fair-play commercial. On sait pourtant que le rapatriement des citoyens malagasy à l'étranger relève d'une décision gouvernementale prise dans le cadre de l'État d'urgence sanitaire. Il ne s'agit pas d'un vol commercial normal. Il convient de noter qu'Air Madagascar assure les vols de rapatriement sur réquisition de l'Etat Malagasy.

C'est donc une mesure exceptionnelle dans le cadre d'une situation exceptionnelle. C'est pourquoi la liste des passagers pouvant rentrer au pays est sous contrôle du Ministère des Affaires Étrangères et les vols sont contrôlés par l'ambassade de Madagascar en France. Nul n'ignore que pour le moment, le Gouvernement malagasy n'a pas encore annoncé la réouverture des liaisons aériennes avec l'Europe.

D'ailleurs pour l'heure, la reprise des vols via Paris représente un risque énorme pour Madagascar et le peuple malagasy. Frappée par une deuxième vague de COVID-19, la France connaît ces derniers jours plus de 13.000 nouveaux cas de contamination par jour. Pour ce qui est de la Grande Ile, il n'y a plus qu'une trentaine de cas confirmés par jour. Pas plus tard que cette semaine, les contre-tests effectués à l'arrivée à l'aéroport d'Ivato ont révélé six personnes contaminées par le coronavirus par un vol de rapatriement via Paris. Pourtant, c'est la France qui classe Madagascar en zone rouge et parmi les pays à hauts risques de contamination de la COVID-19.

Depuis le mois de juillet, la France, utilisant un Boeing 777 d'une capacité de 464 passagers par vol de rapatriement, a réussi à ramener plus de 8.000 de ses ressortissants venant de la Grande Ile. En revanche, en ce qui concerne Air Madagascar, le nombre total des « Gasy » ayant pu rentrer au pays depuis le 16 août est de 1.250. En outre, vu les restrictions, les vols reliant Tana - Paris assurent le trajet à vide, ou enfin presque car d'après les informations, seule une cinquantaine de passagers par vol, généralement des étudiants et des missionnaires, prennent le départ d'Ivato par les vols Air Madagascar.

Le trajet Tana - Paris est en vérité considéré comme un marché réservé à Air France. Si l'on fait la comparaison, évoquer le principe de réciprocité semble aberrant vu le fait qu'Air France débarque à Madagascar avec des cargos, donc c'est plus avantageux par rapport à Air Mad qui n'a pas de cargo pour la France. On sait aussi que la compagnie aérienne française fait aujourd'hui deux fois par semaine en vols cargos pleins. Aux yeux des observateurs, il ne s'agit pas de réciprocité. On pourrait plutôt parler de... deux poids, deux mesures.

Plus de: Midi Madagasikara

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