Congo-Kinshasa: Faible contribution du secteur minier dans le budget de l'Etat - "Tous pour la RDC" contredit un rapport de Global Witness

Pourquoi la faible contribution du secteur minier dans le budget annuel de la République Démocratique du Congo ? Société civile, parlement, gouvernement, acteurs politiques, entreprises minières doivent se liguer pour palier à cette question de souveraineté et d'intérêt national. Au cours d'une conférence de presse animée le mercredi 23 septembre 2020 à Kinshasa, la Coalition "Tous pour la RD. Congo", (TPRDC) dénonce les différents rapports de Global Witness. Cette ONG internationale soutient que le faible revenu du secteur minier au budget résulte de la corruption endémique des élites congolaises. Bien plus, elle confirme surtout que les dirigeants congolais se servent du secteur de ses matières premières comme d'une caisse personnelle et privent le peuple des revenus de ses mines.

Après une analyse approfondie des rapports de Global Witness, Ernest Mpararo, Secrétaire exécutif de la Licoco et membre de la coordination de TPRDC, estime que cette ONG internationale raconte des mensonges.

Intitulée «Congo nursing or bashing : pour qui travaille réellement Global Witness ?», l'analyse de la Coalition TPRDC a été mise au grand jour afin de susciter un débat rationnel et objectif au niveau national et international afin d'établir la responsabilité des uns et des autres dans la mauvaise gouvernance du secteur minier.

Contrairement aux écrits rapportés par cette ONG internationale, Ernest Mpararo démontre que le plus grand problème dans le secteur minier n'est pas la corruption mais les formes de contrats dont Global Witness n'en parle pas dans ses rapports qui cachent beaucoup de vérités.

Il regrette surtout que l'ONG s'attaque aux investisseurs Chinois qui ont racheté les entreprises minières aux occidentaux. Toutefois, le contre -rapport de la Coalition avance quatre raisons structurelles qui expliquent cette situation de déséquilibre et surtout la volonté de maintenir le Congo dans sa situation de faiblesse vis de ses partenaires internationaux.

La Gécamines doit revoir des contrats avec ses partenaires

Premièrement, il s'agit du transfert quasi gratuit des actifs miniers pendant la guerre ou le grand bradage post-guerre. «Les mines de la RDC ont été pillées entre 1996 et 2001, lorsque la guerre a conduit les belligérants à trouver des financements et que le déséquilibre a continué ensuite avec des contrats léonins noués sous l'entreprise du gouvernement de transition jusqu'en 2006».

D'ailleurs, un rapport du Panel des experts de l'ONU confirme que le pillage organisé entre 1998 et 2001 sur les ressources naturelles de la RDC a été chiffré à plus de 10 milliards de dollars.

La deuxième raison du faible revenu pour l'Etat congolais dans le secteur est soutenue par le code minier de 2002 qui était très favorable aux investisseurs.

La troisième est que la révision des contrats de 2007, grâce notamment à Global Witness, a été une occasion manquée de résorber les déséquilibres contractuels les plus criants. Evidemment, souligne-t-on, le déséquilibre des contrats miniers hérités pendant la guerre qui ne permet pas au pays de maximiser les recettes.

La quatrième structurelle de ce déficit de revenu de l'Etat est la pratique des partenaires qui n'ont jamais été à la hauteur de leur promesse face à la Gécamines. Cette entreprise publique qui possède plusieurs gisements miniers a fait une perte de 4.9 milliards. L'une des causes, renseigne le Secrétaire Exécutif de Licoco, est aussi que la RDC a cédé les riches gisements à vil prix.

En effet, la Coalition appelle à un audit et une évaluation des contrats de partenariat entre la Gécamines et le Tengefungume.

Ayant compris que ces différents rapports de Global Witness ne profite qu'aux multinationales, Tous pour la RD. Congo pense que l'idéal consiste à défendre le secteur minier congolais face aux pillards et rapaces. « On peut avoir des divergences en politique mais lorsqu'il s'agit des mines, les congolais doivent tous ouvrir l'œil pour protéger leurs richesses», a conclu Ernest Mpararo.

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