Congo-Kinshasa: In cauda venenum

Au-delà de toutes les réunions, les acteurs principaux de la coalition au pouvoir semblent avoir des regards mitigés sur la suite du processus devant conduire les congolais aux urnes à l'horizon 2023.

Autant l'épineuse question des réformes électorales divise, autant le choix des animateurs de la nouvelle Centrale électorale provoque des dissensions.

A vrai dire, le même l'Accord de la coalition, tel qu'il avait été signé, le 29 juillet 2019, laisse bien des zones d'ombre dans la compréhension des faits, dans les schèmes ou axiomes sur l'évolution des choses.

Et, pourtant, ils n'ont consommé jusqu'ici qu'environ deux ans sur les cinq prévus par la Constitution pour un mandat présidentiel. Un petit calcul permet de réaliser qu'il leur reste encore trois ans pour gérer ensemble et mener la barque du pays vers le quai.

Comment y arriver ? Dans quelles conditions et à quel prix ?

Ni les uns, ni les autres ne sont plus en mesure d'en indiquer le moindre détail. Puisqu'apparemment, les agendas cachés sont revenus à la surface. Les épées sont sorties de leurs fourreaux. Des pièges et autres flèches à fleuret moucheté sont redevenus monnaie courante.

Chaque jour, en effet, les services opérant dans différents secteurs sont utilisés ou téléguidés pour rechercher des poux sur les têtes des autres.

Ainsi, des contestations ont élu domicile dans la coalition jusqu'au point d'en occulter le sens ou, à la limite, d'en éroder l'essence.

En même temps que la justice est entrée en jeu, les contrôles intempestifs sont, eux, largués sur les trousses des anciens dirigeants.

La saga est tellement animée qu'on attend que de nouvelles têtes puissent tomber dans la nasse, pour cesser de baver et se délecter, au vu des frasques et des ratés de la gestion d'hier.

Normalement, ainsi que le Chef de l'Etat l'avait déclaré, depuis Londres, qu'il ne devait pas fouiner dans le passé, d'aucuns s'imaginaient qu'une telle posture était recommandable pour placer le reste de la gestion sous le spectre d'un nouveau départ.

A y voir de près, les griffes sont bien perchés pour attraper et rabrouer tous les partants accusés de tous les péchés d'Israël. Et, pour ce faire, l'on y va de tous les coups. D'où, des craintes exprimées dans les rangs du FCC dont les membres se sentent, visiblement, acculés et apostrophés.

Mais, jusqu'où irait cette traque à haut risque ? Telle est la question lancinante que se posent des analystes constellés dans des Think Tanks des différentes plateformes politiques. "In cauda venenum", (le venin est dans la queue), préviennent-ils.

Comme pour réclamer un bémol et en appeler les pianistes à cliquer sur le clavier de la tempérance aux fins d'éviter de polluer l'environnement politique et d'ouvrir inutilement les alvéoles du barillet des règlements des comptes.

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.