Congo-Brazzaville: Musique - La chanson Mama Yemo vaut une convocation au Karmapa

Le chanteur est convoqué au Parquet de la Gombe ce vendredi 25 septembre alors que le titre est déjà sous le coup de la censure quelques heures à peine après sa sortie en ligne au motif qu'il ternit l'image de l'Hôpital général de référence de Kinshasa.

Mama Yemo n'est semble-t-il pas du goût du personnel hospitalier outragé au point qu'il aurait résolu de déférer à la justice le chanteur. « Sur la convocation, on a mentionné que les médecins, les infirmiers, bref le corps médical n'est pas d'accord avec cette chanson. Je ne sais pas si ce sont eux qui ont porté plainte. Je le saurais demain », a fait savoir le « Prince de la rumba » sur les ondes de Top Congo FM. L'on comprend d'autant plus l'étonnement du chanteur que les internautes sont légion à aimer ce nouveau titre que l'un d'eux tient pour de « la dénonciation dans le vrai sens du terme ». Et qui plus est, va jusqu'à applaudir vivement l'initiative du chanteur : « Il faut être Le Karmapa pour le dire tout haut. Chapeau bas l'artiste ! ».

L'artiste se dit d'autant plus interloqué par la réaction du corps médical dont il ne comprend pas l'offense. Car, dit-il : « Dans la chanson, je n'insulte personne. Je suis en train de dénoncer les antivaleurs et les choses qui ne devraient pas se produire dans un pays comme le nôtre. Je ne relate que la vérité. Et cette vérité, on en a besoin. On a besoin que les choses changent chez nous. Je ne sais pas ce qu'on me reproche. Sur la convocation, il est écrit que ma chanson ternit l'image de l'hôpital ». D'évidence, « cette vérité » fâche et peut-être que l'artiste aurait dû, au regard du tollé général provoqué à l'Hôpital de référence de Kinshasa, s'en tenir au vieil adage « toute vérité n'est pas bonne à dire ».

Avis que vraisemblablement Le Karmapa ne partage pas estimant qu'il a engagé un plaidoyer en faveur de ses accusateurs. Déconcerté, il soutient : « Ma chanson, c'est pour eux aussi que je l'ai écrite. Je suis en train de demander qu'on leur donne des moyens, peut-être qu'ils ne l'ont pas compris ». Pour sûr, ces derniers se sont arrêtés à la dénonciation qu'il fait de l'insalubrité, du peu de sérieux et de l'incompétence de certains médecins qui ont « renoncé au serment d'Hippocrate » qui font passer l'argent avant tout. Le pire serait l'affirmation que « Mama Yemo n'est pas un hôpital fréquentable ».

Dénonciation des antivaleurs

Mais il est à se demander, comme en vient à se demander l'artiste lui-même, à quoi tient vraiment le courroux suscité dès lors que son morceau avait obtenu l'approbation d'une autorité et allait dans le sens de ses attentes vis-à-vis des artistes justement. « Il n'y a pas longtemps on a été invité par le conseiller du président de la République. Il nous a dit de dénoncer les antivaleurs et nous avons même parlé de la chanson Mama Yemo alors qu'elle n'était pas encore sortie », a-t-il affirmé au micro de l'émission Maracas.

Dès lors, comme si endurer la colère du personnel hospitalier ne suffisait pas, Le Kramapa se plaint en plus que Mama Yemo soit « frappée d'interdiction ». « Cette chanson ne peut pas passer dans les médias. Elle est interdite de diffusion », dénonce-t-il visiblement outragé par cette mesure. Toutefois, quoiqu'il arrive, l'artiste semble à mener son combat jusqu'au bout qu'importe la tournure ou l'issue que prendrait l'affaire. Dès lors, il envisage le pire sans crainte : « Si je dois me retrouver à Makala pour l'intérêt du peuple, je suis prêt. Ils peuvent me garder en prison pendant plusieurs années ».

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