Sénégal: Keur Khaly Tivaouane - Le bitumage d'un axe routier, source d'inondation

25 Septembre 2020

La route de Keur Khaly, dans le département de Tivaouane, région de Thiès, est à l'origine des inondations de la localité, faute de réseau de canalisation permettant d'évacuer les eaux de pluie. Fatiguées, les populations interpellent les autorités.

À Keur Khaly (département de Tivaouane), le bitumage d'un axe routier qui traverse le quartier est considéré, par les riverains, comme la source de tout leur malheur pendant l'hivernage. D'ailleurs, les habitants qui logent le long de cette route disent que c'est un cadeau empoisonné en raison d'une absence de réseau de canalisation intégrée pour évacuer les eaux en cas d'averse.Dès que l'on s'engage sur l'axe routier, les stigmates des pluies diluviennes récentes sont visibles sur les murs de clôture fissurés, la peinture est nettoyée par les eaux. Parfois, on voit de grands trous percés pour faire sortir les eaux des maisons. Même s'il est possible de circuler sans patauger, les flaques d'eau gluantes collées sur l'asphalte témoignent de l'ampleur des dernières inondations. À côté d'un grand fromager, s'ouvre une porte peinte en bleu ciel. Nous sommes dans l'un des domiciles les plus affectés.

C'est là où loge Sokhna Diène Diop, la présidente de la fédération «Ndimal Jaboot de Tivaouane» qui travaille dans le social. «Vous voyez, seul ce bâtiment surélevé a pu échapper à la furie des eaux, sinon toutes les autres parties de ma maison étaient remplies tout comme la route qui passe devant la maison. Nous étions tout simplement prisonniers des eaux», a-t-elle résumé. Selon elle, durant ces moments difficiles, 30 camions hydro-cureurs affrétés par une bonne volonté ont permis de pomper les eaux. Pour Sokhna Diène Diop et ses voisins, ils vivent dans cette situation depuis plusieurs années. À chaque hivernage, la psychose de voir leurs maisons envahies par les eaux de ruissellement hante leur sommeil. «Franchement, nous sommes fatigués physiquement, mais aussi économiquement au vu des pertes récurrentes de nos biens immobiliers. Il est donc temps qu'une solution durable soit trouvée au plus haut niveau car, sur le plan local, on nous emmène quelques sacs de riz pour se donner bonne conscience tout en sachant que ce n'est pas cela le plus important pour l'écrasante majorité des familles touchées par les inondations à Keur Khaly», a-t-elle fustigé.

Des briques pour éviter les eaux

Sur cet axe, neuf maisons impactées par les inondations ont été dénombrées. À cela s'ajoute l'insuffisance constatée dans l'éclairage public qui rend une bonne partie de cette zone sombre la nuit avec tous les risques liés aux eaux stagnantes au bout de la route sur un espace laissé à la merci des charretiers qui déversent des ordures. «Un cocktail écologique que nous dénonçons avec la dernière énergie», a regretté Seune Thiam, qui prie pour la fin de la saison des pluies.

Mais selon les jeunes interrogés, si leurs mamans ne les avaient pas dissuadés, ils auraient utilisé leurs piques et pelles pour dégager l'asphalte afin que les eaux puissent s'infiltrer en partie et que le reste poursuive son chemin comme d'antan. Car, «avant la construction de la route, les eaux de pluie n'ont jamais stagné ici, au point de créer des désagréments», a précisé Moussa Diop.

Les populations ont remercié Mamadou Diop Sy qui, dès le premier jour, a envoyé des camions pour dégager l'eau. «Le lendemain, lorsque le ciel a continué d'ouvrir ses vannes, des camions d'Abdoulaye Ndiaye Ngalgou sont venus en renfort pour pomper l'eau», a ajouté Oumar Diallo. Mais, pour montrer l'angoisse dans laquelle vivent les populations de «Kouly-poste courant», il suffit juste de regarder les portes des maisons qui sont toutes surélevées avec deux à trois rangées de briques pour éviter que les eaux n'arrivent dans les chambres en cas de fortes pluie. Les populations ont aussi pointé du doigt le retard des travaux d'infrastructures de drainage des eaux.

Les lenteurs dans l'exécution des travaux, selon l'entrepreneur, s'explique par le retard dans la livraison du matériel de tuyauterie par la mairie. Par conséquent, les personnes âgées et les enfants sont exposés au danger permanent dû aux tranchées creusées et qui se remplissent d'eau en cas de pluie. Pour juguler ce mal vivre, une étude exhaustive de la situation trouvera une solution globale et durable d'évacuation des eaux de pluie.

Plus de: Le Soleil

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.