Cameroun: 38 ans de naïveté - La fin de l'orgeuil

26 Septembre 2020
opinion

On n'élimine pas une dictature par les urnes. Ça n'a jamais existé.

Car en dictature, même si vous remportez 50 voix à zéro, vous perdrez par 1 voix contre 49 aux résultats officiels. Ensuite, la dictature va décider elle-même jusqu'à quel niveau vous êtes son "opposant". Elle va fabriquer des adversaires en plastique, car elle a besoin d'un faux rideau de crédibilité qui lui donne des allures démocratiques. C'est ce qui lui permet d'exister à travers le temps. Les vrais rivaux, les opposants véritables eux, seront victimes d'extrême propagande. Ils seront diabolisés, traqués, muselés, et combattus sous un oeil rouge injecté de sang, prêt à tuer s'il le faut.

Car il est question de pouvoir, et en dictature, le pouvoir ne se partage pas !

Donc, pour éliminer une dictature, la seule arme efficace, c'est la RÉVOLUTION populaire. Car ceux qui vont ont retiré vos droits sans vous demander votre avis, ne vont jamais écouter vos avis non plus et vous les rendre L'esclavage a duré 400 ans, jusqu'à ce qu'un jour, des gens décident de dire : " ÇA SUFFIT !", et de braver les interdits.En résumé, votre liberté, vous devez vous l'ARRACHER ! Et vous devez le faire SANS AUTORISATION du bourreau.

Mahatma Ghandi, le vieil homme tout maigre et tout chétif qui a libéré l'Inde en 1947 appelait cela la DÉSOBÉISSANCE CIVILE !Par ma voix, le MRC invite les acteurs libres et assoiffés de changement, le petit peuple ignoré, le Camerounais de la rue abandonné par l'absence de service social, le moto-taximan diplômé et démuni, le sauveteur victime d'injustice par la mairie, la bayam-sellam agressée par des huissiers zélés et cupides, les gens qui ne sont rien ... en un mot la fameuse SOCIÉTÉ CIVILE, à prendre son destin en mains et à déclencher la prochaine grande mobilisation, en vue de faire partir le responsable en chef de leur misère. Celui qui pendant 38 ans, se payait une chambre à 25 millions la nuit à Genève, alors que 4 enfants mouraient par manque d'eau à Wollorde, et que Koumatekel perdait la vie devant un parvis d'hôpital.

Nous, le MRC, avons fait notre part le 22 septembre. Nous avons démystifié la police et les gaz lacrymogènes. Nous avons rendu ridicules les menaces d'Atanga Nji. Maintenant, malgré la répression, vous avez désormais le courage de marcher sans autorisation pour réclamer vos droits. Des droits bafoués par un groupe de barbares qui pensent que la violence est une loi.

Nous sommes au XXIe siècle. Il est temps de se réveiller.

Aucun mot d'ordre ne viendra plus de Maurice Kamto pour vous demander de sortir marcher. Il vous a déjà tout dit. Il vous a dit que c'est un défi qui concerne non pas le MRC, mais tous les Camerounais. Il vous a dit qu'il n'est pas né avec "Chef de l'Etat" marqué sur son front. Il vous a répété que sa priorité, c'est que vous viviez dans un pays où le droit existe et non où c'est le cousin du sous-préfet qui fait le droit contre ceux qu'il n'aime pas.

Demain ce sera peut-être vous à Étoudi, ce serait toujours une bonne chose. L'essentiel , c'est que Paul Biya qui concentre en lui seul les problèmes anglophone et francophone, soit pousse vers la sortie. Et tous les moyens pacifiques et citoyens devront être utilisés en ce sens. TOUS !

Alors choisissez vos dates, vos itineraires, vos leaders, et c'est avec plaisir que le MRC vous accompagnera dans cette démarche légitime. Maurice Kamto ne s'opposera nullement à une revendication initiée par d'autres acteurs de la société.

Car avant tout, nous sommes des Camerounais aussi, et surtout, nous voulons tous la même chose. Alors prenez les choses en main ! C'est maintenant ou jamais. Sinon la dictature en a encore pour 362 ans .

Allez conquérir de vous-mêmes et pour vous-mêmes votre liberté. Il n'y a plus rien à ajouter.

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