Afrique: Le temps de l'unité

analyse

Face au désordre qui règne dans la sphère mondiale en raison des défis croissants, de plus en plus agressifs que se lancent les grandes nations et des problèmes de toute nature que ces duels génèrent, le temps n'est-il pas venu pour les pays dits « émergents » de resserrer leurs rangs ? Autrement dit de s'entendre pour constituer des communautés régionales mieux organisées, plus puissantes, capables donc de faire entendre leurs voix à l'échelle planétaire.

Prenons, pour illustrer ce propos, le cas de l'Afrique centrale entendue au sens large, c'est-à-dire incluant le Bassin du Congo, la Région des Grands lacs et la partie sud du golfe de Guinée, autrement dit la zone géographique aussi vaste qu'homogène qui entoure l'Equateur africain.

Résumée en quelques mots la situation est la suivante : couvrant près de sept millions de kilomètres carrés, cette partie de l'Afrique est potentiellement la plus riche du continent grâce aux immenses ressources naturelles qu'elle détient et à la masse humaine qui y vit - près de trois cents millions d'habitants -. Mais elle se trouve divisée, si l'on peut dire, en plusieurs communautés : la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale), la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale), la CEPGL (Communauté économique des pays des Grands Lacs), la CGG (Commission du golfe de Guinée). Et la fragmentation qui en résulte réduit fortement l'influence que cette partie du continent pourrait, devrait en bonne logique avoir à l'échelle régionale et même internationale étant donné la puissance potentielle qui est la sienne.

Dans l'ambiance pour le moins délétère qui s'instaure à l'échelle mondiale avec, d'une part, la concurrence de plus en plus agressive qui oppose les grandes puissances et, d'autre part, l'aggravation continue des défis que l'humanité doit relever en ce début de millénaire - dérèglement climatique, pandémies, hausse vertigineuse des migrations, crises économiques et monétaires - resserrer leurs rangs est pour les pays de l'Afrique centrale la seule voie qui permette de conjurer le mauvais sort. Exactement comme le fit l'Europe au sortir de la Deuxième Guerre mondiale qui l'avait dévastée en créant une communauté de six, puis de neuf, puis de douze et, pour finir au moins temporairement, de vingt-huit nations ramenée à vingt-sept en raison du Brexit britannique; exactement aussi comme l'avaient fait bien avant l'Europe, les Etats-Unis d'Amérique lorsqu'ils s'affranchirent du joug anglais.

Dans le temps que nous vivons où l'espace et le temps s'effacent en raison du développement des nouvelles technologies et de la mondialisation qui en résulte, la meilleure, la plus sûre façon de régler les problèmes présents est de préparer un avenir plus serein en édifiant des communautés régionales cohérentes, structurées, adaptées aux réalités de ce temps. Et tout indique aujourd'hui que c'est possible si les gouvernants s'y attachent sérieusement.

Pourquoi, dans ce contexte, le Bassin du Congo entendu au sens le plus large ne s'emploierait-il pas à le démontrer à la face du monde et, du même coup, à s'imposer comme un modèle de la gouvernance collective régionale ?

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