Congo-Brazzaville: Crise en libye - Le pays réitère la nécessité d'une conférence inter-libyenne

Devant l'assemblée générale, par visioconférence, Denis Sassou N'Guesso, président du Comité de Haut niveau de l'Union africaine sur la Libye, a renouvelé le 24 septembre son propos sur la tenue d'une conférence inter-libyenne de réconciliation nationale.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, plusieurs pays sont confrontés à la plus grave crise sécuritaire de leur histoire. En premier lieu, la Libye où règne le chaos et où plusieurs factions s'affrontent pour le contrôle du pouvoir. Pour le chef de l'Etat congolais, Denis Sassou N'Guesso, seuls les Libyens sont en mesure de trouver une solution pouvant ramener la paix dans leur pays en proie à des violences. Il estime, en d'autres termes, que le retour à la table du dialogue peut rétablir la paix et restaurer la légalité institutionnelle en Libye.

« A ce sujet, mon pays, qui assure la présidence du Comité de haut niveau de l'Union africaine sur la Libye, réaffirme la primauté d'une solution politique favorisant la tenue de la conférence inter-libyenne inclusive de réconciliation nationale », a déclaré Denis Sassou N'Guesso.

L'objectif de l'Union africaine a été de s'inscrire dans le sillon de ce qui avait été conclu lors de la conférence de Berlin, en l'occurrence, un forum de réconciliation. De même, à l'issue de la réunion de Brazzaville, en fin janvier dernier, une feuille de route avait été établie en vue de la tenue effective d'un « forum de réconciliation nationale », appelé de tous les vœux.

« Les différentes réunions tenues à Brazzaville et la conférence de Berlin sur la paix en Libye ont encouragé les acteurs de ce conflit à privilégier le dialogue, dans le cadre d'une approche multilatérale incluant l'ONU. A cet effet, la feuille de route, adoptée le 30 janvier 2020 à Brazzaville, reste d'actualité », a insisté le président congolais.

En effet, depuis le déclenchement de la crise libyenne, l'Union africaine a, de tout temps, demandé à être écoutée dans la résolution de ce conflit. Cette position commune du continent a toujours été relayée par le président Denis Sassou N'Guesso, à qui ses pairs avaient confié la responsabilité de diriger le Comité de haut niveau de l'Union africaine sur la Libye. L'Afrique avait déjà donné de la voix, en demandant aux protagonistes et même aux puissances étrangères dont les intentions d'employer la force transparaissaient, de privilégier le dialogue au détriment de la violence. Malheureusement, cette option avait été ignorée.

La prédominance des conflits armés reste une préoccupation

Le président Denis Sassou N'Guesso s'est dit « préoccupé par la recrudescence du terrorisme et de l'extrémisme violent, ainsi que par la prédominance des conflits armés dans le monde ».

Parmi les pays confrontés à cette situation, il a cité, l'Est de la République démocratique du Congo, qui fait face à l'insécurité occasionnée par des groupes armés se comportant en conquérants, au-delà des droits de leurs communautés qu'ils prétendent défendre. Un phénomène qui prend de plus en plus de l'ampleur et menace sérieusement la stabilité de la région des Grands lacs.

Dans le même registre, le chef de l'Etat congolais a cité la République centrafricaine où se prépare l'élection présidentielle en décembre prochain. Un pays qui, selon lui, « affiche une situation rendue instable par l'activisme meurtrier des bandes armées ».

Le conflit syrien aux conséquences dévastatrices depuis 2011, les relations entre Israël et la Palestine qui restent tendues « en dépit des résolutions pertinentes des Nations unies prônant la création de deux Etats indépendants », ont été également évoqués.

Concernant la situation de Cuba, Denis Sassou N'Guesso a appelé à la « levée des sanctions unilatérales, en conformité avec la Charte des Nations unies ».

La place de l'Afrique au sein du Conseil de sécurité s'impose

Produit des réalités géopolitiques après la Seconde Guerre mondiale, la composition du Conseil de sécurité des Nations unies est considérée aujourd'hui comme étant peu démocratique et moins représentative de l'ensemble des pays membres de l'ONU. Dans toutes les régions du monde, des voix s'élèvent pour exiger une réforme de cette institution dans l'optique d'une amélioration de la gouvernance mondiale. L'Afrique, particulièrement, crie à la marginalisation. Le continent estime être faiblement représenté.

« Au moment où nous célébrons le 75ème anniversaire de l'ONU subsiste toujours une injustice historique qu'il sied de réparer, en garantissant à l'Afrique toute sa place au sein du Conseil de sécurité. En sa qualité de membre du Comité des Dix de l'Union africaine sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, mon pays réaffirme solennellement l'urgence de rendre effective la représentativité de l'Afrique au sein de cet organe de l'ONU », a déclaré le président congolais.

« Ainsi, se consolideront davantage les valeurs de paix, de solidarité, d'équité et de progrès qu'incarne l'Organisation des Nations unies », a-t-il estimé.

De fait, les pays du continent organisés autour de l'Union africaine réclament depuis plusieurs décennies une représentation permanente avec droit de véto au Conseil de sécurité des Nations unies. Cependant, cette requête ne repose pas seulement sur la taille de leur effectif à l'Assemblée générale, mais bien plus sur le nombre des défis liés à la paix et à la stabilité sur le continent.

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