Ghana: La région de la Volta exige son indépendance

25 Septembre 2020

Le groupe sécessionniste Homeland Study Foundation dit vouloir instaurer un Etat indépendant appelé "Western Togoland" dans le sud-est du Ghana près du Togo.

Une vingtaine d'individus ont été arrêtés ce vendredi au Ghana. D'après les services de sécurité, ils vont aider dans les investigations après que le groupe sécessionniste Homeland Study Foundation a pris possession de deux postes de police et enlevé trois agents dans l'est du pays. Le groupe dit vouloir instaurer un Etat indépendant appelé "Western Togoland". Ses membres ont érigé des barrages routiers et brûlés des pneus.

Selon nos informations, il y a une forte présence militaire et policière dans cette partie du territoire ghanéen, non loin du Togo. On ignore cependant s'il y a eu des victimes à l'issue de ces manifestations qui sont organisées régulièrement.

"C'est une situation très grave car il y a quelques semaines à peine, nous avons vu quand ils ont monté des panneaux le long des routes principales pour soi-disant accueillir les gens dans l'État du Togoland occidental, bloquant les routes avec des tas de sable, brûlant des pneus, prenant même en otage des agents de sécurité", témoigne Lambert, un habitant de la région.

Actuellement, et d'après un correspondant de la DW sur place, plusieurs groupes dissidents manifestent en demandant que la zone soit reconnue comme un État souverain.

Ancien protectorat Allemand

Le Togoland est un ancien protectorat allemand qui a existé entre 1884 et 1914. Après la première guerre mondiale et la défaite de l'Allemagne, ce territoire qui a la taille de la Belgique a été divisé entre la France et la Grande Bretagne sous la supervision de la Société des Nations, l'ancêtre de l'ONU.

La partie confiée à la France devient indépendante en 1956. Après un référendum la même année, celle des Britanniques est rattachée au Gold Coast, l'actuel Ghana. 64 ans après, une majorité de la population de cette région du sud-est du Ghana réclame l'autonomie, s'estimant lésée en dépit de nombreuses richesses naturelles dont regorge cette partie du Ghana selon l'historien togolais Adovi Michel Goeh Akué.

"Disons que c'est un mouvement ancien qui revient aujourd'hui. Mais, il faut dire également que les populations de la zone du Togo britannique se plaignent de ne pas bénéficier des projets d'investissement et de développement qui se font en Gold Coast, au Ghana. Le potentiel électrique qui est utilisé au Ghana est essentiellement produit à Akosombo (sud-est du Ghana), qui se trouve sur ce territoire. Et les terres sont riches. Ils ne se sentent pas à l'aise dans ce territoire qu'on appelle aujourd'hui Ghana", explique-t-il.

Le Homeland Study Group Foundation mène depuis plusieurs années une campagne pour que la région de la Volta se joigne à celle du nord et de l'est du Ghana pour constituer un nouvel Etat.

Pour venir à bout de ce mouvement indépendantiste, le Ghana aura sans doute besoin de la coopération de ses voisins, surtout du Togo à en croire l'historien Adovi Michel Goeh Akué :

"Ça veut dire qu'ils seront proches du Togo. Il y a une circulation des populations de part et d'autre des frontières. Dans ces contacts, il y aura forcément une facilité d'échanges. Le Togo peut tirer des avantages. Des gens qui parlent la même langue de part et d'autre peuvent échanger davantage. Et tout le monde peut tirer son épingle du jeu."

Les autorités ghanéennes se sont toujours opposées à ces velléités indépendantistes insistant sur l'indivisibilité du pays inscrit dans la Constitution. Par ailleurs, la région de la Volta est considérée comme l'un des bastions du National Democratic Congress (NDC), parti de centre-gauche.

Plus de: DW

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