Congo-Kinshasa: Les difficultés de la société minière canadienne Banro se poursuivent

Que se passe-t-il au sein de l'entreprise minière canadienne Banro ? L'intersyndicale du Sud-Kivu, l'une des provinces où la société est implantée, réclame le paiement d'arriérés de salaires et le rétablissement des soins médicaux gratuits. Selon l'Union nationale des travailleurs congolais, ce sont 400 agents qui sont concernés. La direction, elle, parle de quelque 150.

Pour Lugano Padiri, président de l'Intersyndicale des travailleurs du Sud-Kivu, ce sont les agents de quatre sites (Kinshasa, Bukavu, Kamituga et Lugushwa) qui sont concernés. Ils cumulent neuf mois d'arriérés de salaire, mais leur situation s'est encore aggravée depuis juillet avec la suspension de la gratuité des soins de santé.

« Trop, c'est trop. Les salaires ne viennent pas et même les soins médicaux. Partout où Banro avait signé la convention médicale avec les hôpitaux, on est en train maintenant de chasser les travailleurs. Donc ils sont à la merci d'eux-mêmes », estime Lugano Padiri.

Risque de faillite depuis 2017

La direction dément l'ampleur des impayés, même si elle reconnaît une dette envers ses employés. Cette société de droit canadien était déjà au bord de la faillite en 2017. En septembre 2019, suite à des attaques d'un groupe Maï-Maï, elle avait dû arrêter la production de l'une de ses deux mines d'or en activité, celle de Namoya. L'autre, celle de Twangiza, a été mise en maintenance en décembre dernier.

Depuis, les deux mines ont été vendues, sans pour autant que la situation des employés ne s'améliore. La première a aujourd'hui pour actionnaire majoritaire un groupe officiellement basé à Hong Kong, mais dont le PDG est l'ancien ministre de Joseph Kabila, Victor Kasongo. La deuxième est détenue à 100% par le groupe chinois Baiyin, l'un des actionnaires de Banro.

Plus de: RFI

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