Congo-Kinshasa: Ambiance de guerre samedi à Lubumbashi

28 Septembre 2020

Samedi dernier, Lubumbashi s'est réveillé dans une ambiance de guerre. Près de 400 combattants Maï-Maï de la milice Kata Katanga, qui lutte pour la sécession de la province du sud de la RDC, ont attaqué la ville.

Près de 400 combattants Maï-Maï de la milice Kata Katanga, qui lutte pour la sécession de la province du sud de la RDC, ont attaqué la ville avant d'être repoussés par l'armée congolaise.

"Les forces loyalistes ont été obligées de répliquer avec force" a indiqué le ministre provincial de l'Intérieur. "Deux policiers ont été décapités. Ils (les assaillants) ont aussi réussi à tuer un militaire", a ajouté le ministre, Philbert Kunda Milundu, dans une communication officielle aux médias après le retour au calme. Ces miliciens étaient armés de fusils d'assaut "AK-47, de (fusils de) calibre 12, de machettes, de flèches et autres", selon le ministre.

Peur d'une nouvelle incursion

La vie a cependant repris un cours à peu près normal ce lundi à Lubumbashi après l'attaque des groupes armés Maï-Maï qui a causé la mort d'une vingtaine de personnes. Ceux-ci sont même parvenus à hisser au centre de la ville le drapeau de l'ancienne République autoproclamée du Katanga avant d'être chassés de la ville. Désormais, la population vit dans la peur d'une nouvelle incursion.

Les assaillants ont été identifiés comme des rebelles séparatistes de la milice Kata Katanga, qui combat pour la sécession de cette riche province minière (cuivre et cobalt). Fait troublant : parmi les personnes arrêtées samedi par les militaires et les policiers congolais, il y aurait aussi, en plus des combattants, des femmes et des enfants.

Leur chef Gédéon Kyungu Mutanda, qui a fondé le Mouvement des indépendantistes et révolutionnaires africains (Mira), est en fuite depuis une précédente incursion fin mars de ses partisans dans Lubumbashi et sa région, au cours de laquelle 31 miliciens avaient été tués.

Ce chef de guerre a été condamné à mort en mars 2009 pour "crimes de guerre, crimes contre l'humanité, mouvement insurrectionnel et terrorisme". Evadé en septembre 2011, il est réapparu en public, libre, à Lubumbashi en octobre 2016, lors d'une cérémonie officielle organisée en son honneur par les autorités congolaises, durant laquelle il était venu "déposer les armes".

Plus de: DW

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