Guinée: 11e anniversaire du massacre du 28 septembre à Conakry - La justice se fait toujours attendre

Une membre de l'Association des victimes, parents et amis du 28-Septembre 2009.
28 Septembre 2020

Onze ans après le massacre du stade du 28 septembre, qui aura fait plus de 160 morts, 1500 blessés dont une centaine de femmes victimes de viols collectifs en plein jour, la justice se fait toujours attendre. Du moins, pour les parents des victimes qui se sont souvenus hier, les larmes aux yeux, de cette grave tragédie perpétrée sous le magistère du capitaine Moussa Dadis Camara.

En tout cas, une chose est certaine, onze ans après cet ignoble drame, les présumés auteurs se la coulent toujours douce, à l'exception notable de Aboubakar Sidiki alias Toumba Diakité, arrêté à Dakar au Sénégal en décembre 2017, extradé à Conakry trois mois plus tard et écroué, depuis, à la prison centrale de la capitale guinéenne en attendant l'hypothétique procès dans ce dossier potentiellement explosif pour l'armée guinéenne.

Mais en dépit de l'arrestation de ce gros poisson, qui a du reste suscité un immense espoir chez les victimes, le bout du tunnel semble visiblement encore loin, car le dossier ne semble pas avoir bougé d'un iota. La déception des parents des victimes est d'autant plus grande que le gouvernement guinéen ne fait qu'évoluer dans le dilatoire.

En effet, il n'a pas trouvé mieux à faire que de justifier cette lenteur de la Justice par le manque de moyens financiers et de compétences techniques.

Or, le régime Condé ne s'est embarrassé outre mesure pour délier les cordons de la bourse pour organiser, à coup de centaines de millions voire de milliards de F CFA, un référendum à la noix pour s'ouvrir le boulevard d'un troisième mandat.

Tôt ou tard, il faudra bien tenir un procès

C'est dire si la justice, pour les victimes du massacre du 28 septembre 2009, constitue le cadet des soucis du Pr Condé.

Cela dit, l'octogénaire président gagnerait à faire toute la lumière sur cette affaire. Et plus tôt il le fera, mieux cela vaudra. S'il croit que le temps effacera la douleur des parents des victimes et les amènera à oublier ces massacres, il peut toujours rêver.

Les crimes de masse de cette nature et de cette ampleur sont autant inoubliables qu'imprescriptibles. Autant dire que tôt ou tard, il faudra bien tenir un procès.

C'est vrai que la tenue d'un jugement en bonne et due forme, risque d'être fatale à la carrière et à la liberté de certains sécurocrates de son régime, mais Condé doit se rendre à l'évidence qu'il ne peut pas continuer à protéger éternellement des criminels contre la volonté des parents des victimes.

Il est temps de livrer les bidasses qui ont pris un malin plaisir à massacrer de pauvres innocents comme du gibier et à violer des femmes en bafouant la discipline et l'honneur qui constituent les valeurs cardinales d'une armée.

Des personnes mises en examen comme Mathurin Bangoura, Moussa Tiegboro Camara et Claude Pivi alias Koplan, qui ont occupé de très hautes responsabilités au sein de l'appareil d'Etat, ne devraient plus avoir le droit de circuler librement à Conakry. C'est une insulte à la mémoire des victimes.

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