Sénégal: Louga - Peu d'infrastrucutures pour une pléthore de discipline sportives

28 Septembre 2020

Le département de Louga n'est pas bien loti en infrastructures sportives. Un seul stade de football fonctionnel surutilisé en plus, une piste d'athlétisme, un seul stadium pour accueillir toutes les compétitions de basket !

La capitale du Ndiambour souffre véritablement d'un manque d'infrastructures sportives face à la forte demande des pratiquants de tous bords.

Sur l'ensemble de son périmètre départemental et ses dix-sept communes, Louga n'est pas bien loti en termes d'infrastructures sportives.

Et les rares qui sont fonctionnelles sont sur-utilisées. Selon Madiène Fall, chef du service départemental des Sports de Louga, seul le stade Alboury Ndiaye peut abriter des compétitions et championnats de presque toutes les disciplines sportives.

Ce stade régional, logé dans la commune de Louga, fait les frais de sa surutilisation. Inauguré en 1982 et plusieurs fois remis à neuf, il est le seul qui abrite une piste d'athlétisme et accueille, à la fois, les championnats nationaux et régionaux de football tout comme les compétitions navétanes.

Ce qui fait que, selon Samba Top, président de la Ligue régionale de football, « nous avons beaucoup de problèmes pour organiser nos compétitions dans un stade que nous partageons avec les athlètes et le mouvement navétane ».

C'est ce qui explique, d'après le chef du service des Sports de Louga, Madiène Fall, la difficulté à programmer les compétitions. Et c'est aussi ce qui entraine une surutilisation de la pelouse et des gradins du stade qui sont régulièrement endommagés.

Il est évident que la commune de Louga, tout comme les autres communes rurales, disposent de stades municipaux mais ne sont pas aptes à accueillir des compétions officielles même si celui de Louga, le stade Djibril Diouf, ex Wattel, accueillait, dans le passé, des compétitions sportives pour prendre le relais du stade Alboury Ndiaye, alors en réfection.

Réhabiliter le stade Wattel

Le maintien en bon état du stade Alboury Ndiaye passe nécessairement par la réhabilitation du stade municipal Djibril Diouf, ex-Wattel. C'est la conviction du président de l'Odcav de Louga, Ibou Wade, pour qui « le stade Alboury Ndiaye ne peut pas supporter toute la charge des compétitions sportives.

Car rien que le mouvement navétane compte près de 160 équipes et quinze zones que le seul stade Alboury Ndiaye ne peut supporter». Une demande que partagent tous les acteurs du mouvement sportif lougatois confrontés à de sérieuses difficultés d'infrastructures.

En plus de 160 équipes qui composent l'Odcav de Louga, toutes les compétitions de football se jouent sur la même pelouse du stade Alboury Ndiaye qui « finira par subir les effets d'une surexploitation».

C'est pourquoi la réhabilitation du stade Wattel, avec le terrain de football, les plateaux multifonctionnels et les « terrains annexes » aiderait à mieux élargir l'espace de la pratique sportive et à sauver le stade Alboury Ndiaye d'une détérioration rapide.

Mieux, selon le président de la ligue de football, Samba Top, « cela permettrait d'avoir une infrastructure de plus et d'aider à une meilleure pratique du sport à Louga ».

La seule piste d'athlétisme existant est logée au stade Alboury Ndiaye pour accueillir tous les pratiquants de la région. Seule la pétanque dispose d'un boulodrome fonctionnel ne souffrant pas d'une surutilisation du fait du nombre réduit de pratiquants de la discipline.

Un stadium de basket surutilisé

À Louga, le stadium municipal de basket est la seule infrastructure qui accueille toutes les compétitions de la discipline dans tout le département (championnats nationaux masculin, féminin, petites catégories etc.).

Ce qui l'expose aussi à une surutilisation et à une dégradation programmée. Ce stadium, situé entre les deux marchés principaux de la capitale du Ndiambour, est exigu dans ses voies d'accès tout comme dans ses entrées et sorties.

Par conséquent, il n'offre pas de commodités pour les équipes en compétition dans leur préparation d'avant match, obligées qu'elles sont de se partager les rares couloirs avec les supporters pour leur mise en train.

Disposant d'une seule tribune d'environ 500 places, le stadium de basket de Louga n'est pas bien fourni ni en aménagement de l'aire de jeu ni en équipements appropriés.

C'est d'ailleurs à moins de deux mètres de l'aire de jeu qu'est installée la table des officiels qui reçoivent souvent des « balles perdues » ou amortissent la chute d'un joueur poussé hors des limites du terrain.

Une situation que déplore le président de la ligue de basket, Alé Fall pour qui « en dehors des panneaux qui nous ont été offerts par la fédération, tout ce qui est équipement et aménagement a été fait par les soins de la Ligue.

C'est nous qui avons même réalisé l'éclairage intérieur ». Et M. Fall se désole du fait qu'un stadium municipal ne puisse bénéficier d'aucun apport de sa mairie.

« Nous l'avons sollicitée pour signer une convention avec la Ligue pour permettre à des partenaires que nous avons contactés de nous venir en appui et de refaire le stadium ; mais nos appels en direction de l'institution municipale sont restés sans suite ».

Ce qui réduit le basket Lougatois et son seul stadium à une situation précaire et qui constitue un frein à l'épanouissement total des pratiquants de la discipline dont Louga Basket Club, l'équipe phare, joue les grands rôles dans le championnat national de première division.

Un joyau en déliquescence

Le complexe sportif, El Hadji Omar Bongo, est une infrastructure qui appartient exclusivement à l'Asac Ndiambour de Louga.

C'est en 1994 alors que Maguette Diouf était le président de l'Association sportive, artistique et culturelle (Asac) que l'ancien maire de Louga, Moussé Daby Diagne, avait fait voter une délibération du Conseil municipal d'alors pour affecter les ex-locaux de la « Salle des fêtes » au club lougatois dont le président nourrissait le projet d'en faire une infrastructure moderne.

L'espace n'ayant pas suffi à réaliser ce projet, par le truchement du Patrimoine Bâti de l'État, les anciens locaux du service de la coopération avaient été cédés au Ndiambour. Ce qui avait réussi à jumeler les deux espaces pour ériger le Complexe sportif.

Financée totalement lors de sa construction par l'ancien Président du Gabon, El Hadji Omar Bongo, la nouvelle infrastructure avait été équipée par le Ndiambour et inaugurée le 28 janvier 1995 par le Président Abdou Diouf, en présence du parrain.

L'équipement du joyau, avec du matériel ultramoderne, avait coûté plus de 100 millions de FCfa. Il comprenait 12 chambres d'accueil équipées de téléviseurs « Grands écrans », une piscine fonctionnelle, une cuisine et un restaurant bien équipés, une cafétéria, une salle de musculation, un plateau multifonctionnel pour la pratique du basket, handball etc., une salle d'entrainement pour les arts martiaux, une salle de spectacle, des salles de réunions et des bureaux bien équipés. Bref, le complexe Omar Bongo était une fierté pour les sportifs lougatois.

Et en plus de servir aux sportifs locaux, il a, par le passé, accueilli des clubs étrangers (comme Imraguene de la Mauritanie) en déplacement pour un match de football. Le complexe Omar Bongo faisait également office de centre d'accueil dont les chambres étaient convoitées par des « étrangers » de passage à Louga.

Mais depuis quelques années, cette infrastructure n'est plus que l'ombre d'elle-même. Une piscine aux allures de dépotoirs d'ordures avec ses saletés, des équipements qui ont disparu des chambres, un restaurant fermé, une salle de musculation qui ne fonctionne qu'avec des reliques, les alentours souvent submergés par des eaux usées et puantes issues d'une tuyauterie défectueuse. En un mot, le complexe sportif Omar Bongo n'est plus aussi fréquentable que par le passé. Seule l'équipe de football du Ndiambour y loge lors de ses regroupements, dans des chambres où le confort a disparu.

Cette déliquescence a démarré avec le départ de Maguette Diouf de la présidence du club. Au point qu'aujourd'hui, le complexe sportif est dans un état clinique inquiétant qui requiert une thérapie profonde pour lui redonner son allure de joyau qui faisait la fierté de tous les sportifs lougatois qui ne se complaisent plus qu'au souvenir des temps où l'infrastructure était fréquentable.

Plus de: Le Soleil

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