Madagascar: Transport aérien - Nouvelle menace sur la sûreté et la sécurité aérienne

Air Madagascar continue à rencontrer des problèmes

La situation semble plutôt morose pour l'aviation civile malgache qui fait face à une crise qui risque de remettre en cause les acquis des efforts menés et qui avaient abouti à la levée de l'annexe B

La décision de l'Aviation civile française sur les vols d'Air Madagascar vers la France secoue également l'Aviation Civile de Madagascar, laquelle traverse aussi un moment de crise.

Réciprocité. Branlebas de combat du côté des responsables malgaches après ce coup de massue de l'aviation civile française qui a décidé, rappelons, d'interdire les vols passagers d'Air Madagascar au départ d'Antananarivo à destination de Paris. Cette décision consiste à interdire seulement les vols d'Air Madagascar dans le sens Tana-Paris. Autrement dit, les vols de rapatriement des ressortissants malgaches sur le trajet Paris-Tana sont encore autorisés. Visiblement, les autorités aériennes françaises ont appliqué le principe de réciprocité puisque la compagnie française Air France n'est pas également autorisée à effectuer des vols passagers sur le trajet Paris-Tana. Par contre, Air France effectue régulièrement les vols de rapatriement sur la destination Tana-Paris.

Cette décision française impacte négativement sur les trafics d'Air Madagascar qui a été obligée d'annuler le vol MD050 pour Paris. Un vol sujet à polémique puisque une partie des observateurs estiment qu'il n'est pas à 100% un vol de rapatriement mais en partie commercial. On apprend en tout cas qu'hier, les responsables d'Air Madagascar ont multiplié les réunions pour gérer cette situation. Si la compagnie veut continuer la liaison avec la France, elle sera obligée, soit de voler à vide, ce qui est improbable, soit d'effectuer un vol cargo au départ d'Ivato, avant de pouvoir transporter des passagers sur le sens inverse Paris-Tana, un exercice qui s'avère difficile en terme de profitabilité pour une compagnie qui est déjà dans une situation catastrophique.

Malaise. Et si Air Madagascar se bat pour sa survie, on apprend que la situation au niveau de l'Aviation Civile de Madagascar (ACM) se complique. Outre la gestion de ce cas compliqué provoqué par cette décision de l'aviation civile française, l'ACM rencontrerait des problèmes d'ordre interne. Une série de limogeages ou de changements de poste est en effet en cours au sein de cette autorité en charge de l'aviation civile. Pas plus tard qu'hier, un Directeur a été muté et son bureau scellé. Et ce ne serait pas un cas unique puisque ces derniers temps, nombreuses ont été les mutations de postes réalisées par l'actuelle Direction générale de l'ACM.

Selon des ressources qui ont requis l'anonymat, des techniciens de l'ACM sont mis à l'écart. En tout cas, le malaise s'installe au sein de l'ACM et on parle de plus en plus de la possibilité d'une contestation de la part des employés. Ce qui n'est évidemment pas sans risque sur la question de la sûreté et de la sécurité aérienne à Madagascar. On parle même dans le milieu de l'aviation civile de la possibilité d'un processus de retour à l'annexe B de l'Union européenne avec les manquements qui pourraient découler de cette chasse aux sorcières dont sont victimes les techniciens de l'ACM qui d'après certaines sources, semble mettre de côté sa véritable mission qui est de sauvegarder les acquis de la levée de l'annexe B, mais perd son temps dans des initiatives stériles comme les mutations injustifiées de postes. L'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI) serait déjà au courant de ces manquements et pourrait initier d'ici peu, un audit sur la sûreté et la sécurité aérienne à Madagascar. Point de départ d'un second annexe B ? Espérons que ce ne sera pas le cas.

Plus de: Midi Madagasikara

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