Congo-Kinshasa: Le Dédoublement des Parties Politiques et Plateformes Electorales - Une Pratique à bannir

Avec une justice inféodée et des acteurs opportunistes et changeants, le dédoublement des Partis Politiques et des Plateformes électorales a eu une vie florissante en République Démocratique du Congo depuis que le Maréchal Mobutu avait décrété le pluralisme politique intégral voila deux décennies.

Tous les régimes qui se sont succédé ont eu recours à ce stratagème pour affaiblir leurs adversaires politiques et les contraindre à plus de flexibilité. Le schéma est devenu classique. D'abord, on négocie avec le camp opposé. Ensuite, on arrive à un accord. Et enfin, au lieu de mettre en exécution les accords obtenus avec le camp opposé et avec les personnes mandatées par ce camp, on y recrute plutôt les personnes mieux disposées à être flexibles. Après cela, on insère ces personnes dociles du camp opposé dans son camp et on continue la marche comme avant sans rien changer.

Mobutu a débauché. Laurent Désiré Kabila a débauché. Joseph Kabila l'a fait.

Le cas de l'AFDC de Bahati Lukwebo a suivi un cheminement légèrement différent. Il était du FCC, mais il nourrissait une ambition ferme de tenir entre ses mains son destin politique. Aussi, s'est-il constitué une plateforme politique qui fit des résultats plus qu'honorables aux élections. Dès lors, il se mit à négocier pour un poste conséquent et digne de son ambition au sein du FCC qui semblait avoir d'autres priorités. Avec la compréhension actuelle du dossier, il est évident que son ambition n'entrait pas dans le schéma directeur du FCC. A partir de ce moment-là, la rupture était inévitable. Le FCC, au début du mandat de Fatshi, gardait encore toutes ses dents juridiques et politiques acérées. Il va les mettre en action non pas pour recruter des débauchés mais pour créer une rébellion contre le tenant de la plateforme qui détenait tous les documents juridiques de sa plateforme et qui devait décider de son sort.

Et par contre, ce sont les rebelles qui ont eu droit aux postes prévus pour l'AFDC au gouvernement. Les rebelles de l'AFDC l'ont ainsi dédoublé. Elle n'est plus dirigée par le Professeur Bahati, mais par la Députée Nationale Nene Nkulu qui fut admise avec quelques uns de ses compagnons dans le gouvernement. Le dédoublement d'une plateforme politique qui devrait être proscrite, parce que c'est le Professeur Bahati qui détient tous les papiers d'agrément a permis à ses auteurs de siéger au gouvernement, pour la bonne raison que le Professeur Bahati était accusé d'indiscipline à la ligne officielle de la Plateforme FCC. Ce sont ses dissidents qui ont engrangé les bénéfices de ses efforts pour l'édification et la consolidation de l'AFDC.

Ce sont là les explications fournies par le Professeur Bahati en marge de la matinée politique de l'AFDC/Bahati Lukwebo à la Foire Internationale de Lemba le Samedi 26 septembre 2020.

Maintenant que la Justice donne raison, Bahati Lukwebo invite les brebis égarées à revenir à la raison et à rentrer au bercail pour refermer cette sombre page de la plateforme et repartir du bon pied.

En dehors de ce sujet qui lui tenait à cœur, le Professeur Bahati a donné aussi son opinion sur les propositions du Député national Ngoyi Kasanji tendant à ramener l'élection présidentielle qui est au suffrage universel direct à un suffrage universel indirect. Sans tergiversation, le Professeur Bahati Lukwebo s'inscrit en faux contre une telle démarche. L'élection présidentielle devrait rester au suffrage direct et ramené si possible à deux tours.

En effet, le Professeur Bahati prône des réformes de la loi électorale avant la désignation des animateurs de la CENI qui devraient être apolitiques et provenir de toutes les provinces de la République.

Le Professeur Bahati a réussi sa matinée politique et entend avec l'AFDC jouer pleinement le rôle que le nombre des députés fidèles à sa ligne politique lui donne de jouer.

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