Sénégal: Casamance - Ousmane Sonko blâmé par des leaders politiques de la région naturelle

29 Septembre 2020

En affirmant depuis Ziguinchor que «le Président Macky Sall et son gouvernement n'aiment pas la Casamance», Ousmane Sonko s'attire les foudres des acteurs politiques de la région sud du Sénégal qui désapprouvent ses propos qui sont, selon eux, « en porte-à-faux avec le principe intangible de l'intégrité du territoire national et de l'unité nationale».

Dans une déclaration cosignée dont une copie nous est parvenue, de hauts responsables politiques de la Casamance estiment que le leader de Pastef joue avec le feu.

«Nous, enfants de Sédhiou, de Bounkiling, de Goudomp, de Ziguinchor, de Bignona, d'Oussouye, de Médina Yoro Foulah, de Kolda, de Vélingara, en somme de la belle région naturelle de Casamance, nous indignons et exprimons notre désapprobation totale après les propos irresponsables, dangereux et immatures de cet attiseur de braises, aux desseins inavoués», martèlent en chœur Benoît Sambou, Président de la Commission nationale du dialogue des territoires (Cndt), Mme Innocence Ntap Ndiaye, Présidente du Haut conseil du dialogue social (Hcds), Abdoulaye Badji, ministre, Abdoulaye Diop, ministre et maire de Sédhiou, Abdoulaye Baldé, ancien ministre d'État et député-maire de Ziguinchor, Abdoulaye Bibi Baldé, maire de Kolda, Moussa Baldé, ministre, Mme Aminata Assome Diatta, ministre, Mme Aminata Angélique Manga, ministre, Mamadou Lamine Keita, Président de l'Observatoire national sur l'investissement (Oni).

Pour les signataires, «la soif de pouvoir n'autorise pas tous les excès». «À force de jouer avec le feu, Ousmane Sonko finira par se brûler les ailes car il est assurément trop petit pour brûler le Sénégal.

Ce pays, le nôtre, nous transcende tous», soulignent-ils. Rappelant des propos du Chef de l'État, Macky Sall, ils ont poursuivi : «Nul n'est assez fort pour prétendre s'y (Sénégal) établir tout seul. Et nul n'est trop faible pour y être privé de sa place».

Selon ces leaders politiques casamançais, «le Sénégal est en effet un indivis, un héritage de plusieurs centaines de milliers d'années, un carrefour de fondements culturels féconds et divers, un compromis dynamique bâti dans la paix et l'effort, par nos ancêtres, venus de tout l'Ouest-africain».

Ils ajoutent : «le Sénégal demeure notre rempart invincible, une muraille infranchissable, contre les extrémismes et les désordres de toutes sortes. Nous avons le devoir d'y veiller pour le léguer tel quel aux générations futures».

«Une ambiguïté dangereuse pour l'unité nationale»

«Depuis l'avènement du Président Macky Sall à la tête du pays, jamais nous avons été, en effet, aussi proches d'une paix définitive en Casamance.

Circuler de nos jours en toute quiétude du Fogny à Loudia Ouloff en pays Kassa atteste bien de cette nouvelle ère de paix qui se consolide chaque jour davantage», font-ils remarquer.

Sur le plan économique, ils ont rappelé les performances des secteurs aérien et maritime en ce qui concerne l'axe Dakar-Ziguinchor et les autres investissements publics dans les secteurs de l'agriculture, de la pêche, de l'éduction, de l'électrification et les infrastructures.

Pour les signatures, la communication d'Ousmane Sonko porte à équivoque car elle annonce «une ambiguïté dangereuse pour l'unité nationale».

Ils jugent extrêmement graves les propos du leader de Pastef qui, parlant de la paix en Casamance, a dit : «Nous sommes disposés, si tous les acteurs le souhaitent, à jouer un rôle pour que cette situation soit derrière nous. Mais on ne peut pas prendre une initiative, dans un pays qui s'appelle le Sénégal, avec un État».

Les signataires du document sont d'avis que ces propos «sont véritablement en porte-à-faux avec le principe intangible de l'intégrité du territoire national et de l'unité nationale proclamé par le Peuple du Sénégal souverain à travers le préambule de notre Constitution».

«Ousmane Sonko nous doit désormais des explications car il lui faut prendre position : est-il pour ou contre la Paix en Casamance, dans un Sénégal uni et solidaire ? On ne triche pas avec la République», affirment-ils.

Plus de: Le Soleil

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