Guinée: Massacre du 28 septembre - Pourquoi Alpha Condé ne dit rien sur ce dossier ?

29 Septembre 2020

Jour pour jour, cela fait déjà 11 ans depuis que le pays a enregistré des violences suite à une manifestation organisée à l'époque par les forces vives pour protester contre le pouvoir de la junte, dirigé par Moussa Dadis Camara.

Malgrées les revendications des victimes et des familles endeuillées, le gouvernement est toujours incapable de tenir ce procès tant attendu. Le chef de l'Etat Alpha Condé, l'un des principaux commanditaires de cette manifestation reste sans mot sur ce sujet. Apparemment, depuis son accession au pouvoir en 2010, il n'a pas encore rencontre la présidente de l'Association des Victimes, Parents et Amis du 28 septembre (AVIPA) pour parler de ce sujet. Selon Asmaou Diallo, elle n'a jamais parlé de ces évènements avec le chef de l'Etat.

Depuis la tenue de ce drame en 2009, l'AVIPA ne cesse de réclamer justice à l'Etat, l'instruction a été fermée, normalement, rien ne peut empêcher à ce jour la tenue du procès, que le gouvernement avait prévu pour juin 2020. Mais, la date est passée, il n'a pas parlé de ça. Lors de la dernière rencontre entre l'ONG AVIPA et le ministre de la Justice, le gouvernement avait dit qu'il attendait le programme des magistrats. Malheureusement, cela est resté en vain.

« Nous attendons, puisque la cour pénale international (CPI) avait dit que si la Guinée ne peut pas tenir le procès, il va prendre les choses en main. Vu ce qui a précédé, je dirais que l'Etat n'a pas la volonté, sinon le procès allait être tenu il y a longtemps », a indiqué Asmaou Diallo.

Le retard de ce procès selon le gouvernement était dû au problème d'argent, heureusement les ambassades se sont engagées et le gouvernement aussi a fait la même chose après mais en vain. « Ils n'ont pas la volonté. Si ça continue, il y aura une autre alternative même si c'est avec la CPI », a-t-elle affirmé.

A cette occasion, la présidente de l'AVIPA a affirmé son regret du fait que le président de la république ne parle pas du dossier. Alpha Condé qui est d'ailleurs l'un des organisateurs de ce rassemblement qui a enregistré plus de 150 morts, des femmes violées et plusieurs blessés.

« Je n'ai jamais parlé avec le président de la république de ces évènements, il ne veut même pas parler de ça », a souligné Asmaou Diallo avant de dire que si ce procès est tenu au temps d'Alpha Condé, c'est normal et si ce n'est pas le cas, ça ne serait pas une surprise pour l'Association des Victimes, Parents et Amis du 28 septembre.

Ce souhait de la présidente de l'AVIPA reste à voir quand on sait que le pays est en phase de campagne électorale pour la présidentielle du 18 octobre 2020 et l'opposition reste déterminée pour sanctionner Alpha Condé à travers les urnes.

Plus de: Aminata.com

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