Congo-Kinshasa: Projet Inga 3 - Des ONG veulent voir clair !

Les organisations de la société civile appellent le gouvernement à publier les protocoles d'accord signés avec les nouveaux candidats développeurs, à éclairer certaines zones d'ombre et à associer la société civile et les communautés locales dans le processus de la mise en œuvre dudit projet, par la mise en place d'un cadre formel d'échange entre parties prenantes.

Des organisations de la Société civile spécialisées dans le monitorage du secteur de l'électricité se sont réunies le 28 septembre 2020 à Kinshasa, en vue de procéder à l'évaluation et à l'analyse de l'évolution du contexte de la mise en œuvre du Projet Inga 3.

Dans un communiqué conjoint lu à l'issue de ces travaux, ces organisations ont dit avoir déploré, au cours de leurs échanges et discussions, l'opacité totale qui entoure ce projet notamment les informations sur les étapes majeures dudit projet ainsi que des conditions d'implication des nouveaux candidats développeurs pour sa mise en œuvre. Ces associations déplorent également le « flou institutionnel » autour de l'autorité légale en charge de la coordination du Projet Inga 3 et un flou sur le sort réservé à l'Accord de développement exclusif signé le 16 octobre 2018 par l'Agence pour le développement et la promotion du Projet Inga 3 (ADPI-RDC), sous la supervision du gouvernement, avec les consortiums chinois et espagnol, au regard des protocoles d'accords nouvellement signés entre le gouvernement congolais via le ministère des Ressources hydrauliques et électricité avec les investisseurs allemands et australiens.

Implication de la société civile et des communautés locales

Dans cette même optique, ces ONG, qui fustigent la non implication des organisations de la Société civile et des communautés locales dans le processus de négociation et de développement du Projet Inga 3, ont également dit déplorer l'opacité dans les protocoles d'accord signés avec les investisseurs, à travers les groupes allemand et autrichien, Avagor et Fortescue Metal Group, « sans qu'il y ait eu un appel d'offre formel dans le cadre de la réouverture du long processus de sélection des développeurs, précédemment clôturé avec la sélection de Pro Inga et de Chine d'Inga 3 », ainsi que l'absence d'une réponse satisfaisante aux nombreuses correspondances, messages et communiqués de presse desdites organisations, sollicitant leur participation dans les travaux préparatoires de la Conférence panafricaine sur le Projet Inga 3 qu'organise le gouvernement.

Ces organisations disent donc attendre du gouvernement de préciser à l'attention de l'opinion tant nationale qu'internationale, l'institution qui engage le Projet Inga 3 ; de clarifier le rôle de l'ADPI-RDC dans la configuration actuelle du Projet Inga 3 ; et de rendre public le document de politique du gouvernement pour la mise en œuvre du Projet Inga 3 qui permettra à la population congolaise de mieux cerner les points sur la gouvernance du projet ; les règles qui gouvernent le processus de sélection des candidats développeurs; ainsi que la répartition de l'énergie qui sera produite, etc.

Ces organisations appellent également le gouvernement à rendre publics, pour besoin de transparence, tous les protocoles d'accord signés avec les nouveaux candidats développeurs identifiés du Projet Inga 3, y compris l'Accord de développement exclusif signé le 16 octobre 2018, entre le gouvernement et les consortiums chinois et espagnol, et communiquer clairement sur l'avenir de cet accord au regard des protocoles d'accords récemment signés.

Le gouvernement est, en outre, appelé à assurer la participation des organisations de la société civile et des communautés locales dans le processus de la mise en œuvre du Projet Inga 3, par la mise en place d'un cadre formel d'échange entre parties prenantes au Projet ; et à garantir la participation de ces organisations à la Conférence panafricaine en gestation en raison de l'importance de ce projet et de l'influence qu'il exerce sur de nombreux pays du continent.

Il est rappelé que dans leurs craintes exprimées lors des précédentes interventions, des ONG redoutent que ce projet devienne un fardeau pour la population, au lieu de la servir, et ouvre une nouvelle ère des éléphants blancs.

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