Afrique: Racisme et football - Patrice Evra dément Le Graët

Dakar — L'ancien capitaine des Bleus, Patrice Evra, a démenti le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, selon lequel il n'existe presque pas de racisme dans le monde du football.

"Je n'ai pas les mots. Noël, t'as pété un câble. Il va falloir que tu dégages. J'ai perdu tout mon respect pour toi", a déclaré Evra dans une vidéo postée sur le réseau social Instagram.

Dans une interview publiée après le clasico PSG-OM du 13 septembre dernier, le président de la FFF estime que le racisme est quelque chose de marginal dans le monde du football.

"Quand un Black marque un but, tout le stade est debout. Le phénomène raciste, dans le sport et dans le foot en particulier, n'existe pas ou très peu", a soutenu le patron du football français.

Plusieurs personnalités du football, dont le président de la Fédération sénégalaise de football, Augustin Senghor, ont fustigé les propos du président de la FFF.

Evra, natif de Dakar, a également réagi aux propos de M. Le Graët. Pour le démentir, l'ancien joueur de l'AS Monaco, de l'OM, de Manchester United et de la Juventus de Turin a évoqué les rassemblements des Bleus au centre de Clairefontaine et à l'occasion des visites des chefs d'Etat français.

Patrice Evra, qui dit être dans l'obligation de réagir aux allégations du patron du football français, a invoqué des lettres "racistes" envoyées dans les lieux de regroupement de l'équipe nationale de France.

"Noël, tu sais très bien ce qu'il se passe au château (à Clairefontaine, Ndlr), toutes les lettres racistes qu'on reçoit", a-t-il dit, affirmant que l'un des messages racistes tenus à l'occasion des rassemblements des Bleus est le suivant : "Didier reprend tes singes et retourne en Afrique".

"On les cache pour que les joueurs ne les voient pas, mais j'en ai vu des centaines. On reçoit même des cartons remplis de caca", a soutenu l'ancien arrière gauche.

"Quand on mange (... ), on a l'habitude de se mettre à côté d'un gars [avec lequel] on a de bonnes relations.

A chaque fois que le président [de la République française] venait, tout changeait. J'étais assis là, et tout à coup j'étais au bout de la table. Là où normalement, il y avait Mamadou Sakho ou Bacary Sagna... " a révélé l'ancien défenseur.

Quand l'équipe nationale française devait recevoir la visite du chef de l'Etat à Clairefontaine, "on mettait un Hugo Lloris et un Laurent Koscielny, et le président au milieu. On le savait, c'était les règles du jeu, on est en France, on n'est pas chez nous".

"Quand il y avait une photo du président, c'était mieux de voir [à ses côtés] un Hugo Lloris ou un Laurent Koscielny qu'un Bacary Sagna ou un Mamadou Sakho", a ajouté Evra.

"Surtout ne likez pas cette vidéo, sinon plus de sélection", a-t-il écrit sur Instagram, mettant en garde les joueurs de l'équipe nationale de France contre le risque de ne plus être appelés par Didier Deschamps, le sélectionneur des Bleus, en cas d'approbation de sa vidéo qui dément Noël Le Graët.

Plus de: APS

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