Cote d'Ivoire: Menacé de sanction,KKB s'interroge mais promet répondre à la convocation du Pdci

Kouadio Konan Bertin dit KKB, militant et membre du Bureau politique du Pdci-Rda, pourrait se voir sanctionné par le parti, en raison de sa candidature indépendante à l'élection présidentielle du 31 octobre 2020, qui semble de plus en plus déranger malgré les dénégations.

Le candidat KKb est appelé à comparaitre le jeudi 1er octobre 2020 à 10h, devant le Conseil de discipline et de l'ordre du Bélier (l'Instance de discipline du parti), au siège dudit parti à Abidjan Cocody. La convocation fait suite à une saisine du Secrétaire exécutif du parti, le Prof Maurice Kacou Guikahué, le 15 septembre 2020.

Selon la saisine, KKB, à travers sa candidature indépendante à la présidentielle du 31 octobre 2020, et certaines de ses déclarations qui vont à l'encontre du président du parti, Henri Konan Bédié, candidat à la même élection présidentielle, a posé des actes qui constituent des violations des textes du parti et sont passibles de mesures disciplinaires, conformément à l'article 89 des statuts du parti.

[ KKB : « Je répondrai à la convocation de mon parti, j'espère bien qu'ils ont les arguments de ce qu'ils vont commencer » ]

Joint le mardi 29 septembre 2020, Kouadio Konan Bertin a assuré qu'il répondra à la convocation du Conseil de discipline.

« Je suis un militant discipliné. Si le parti me convoque, je répondrai à la convocation de mon parti. Après, il faut qu'ils aient les arguments. Je ne sais pas ce qu'ils préparent, mais j'espère qu'ils ont les arguments de ce qu'ils veulent préparer. Le parti m'a convoqué, et bien, j'irai là-bas. Il faut qu'en tous lieux et toutes circonstances, je puisse faire des leçons aux jeunes qui vont militer au Pdci demain.

Quand vous êtes membre d'un parti et qu'on a des choses à vous reprocher et qu'on vous convoque, il faut y aller. Et si vous estimez que vous avez des choses à dire, vous les dites. J'y serai donc. Et je dis que j'espère bien qu'ils ont les arguments de ce qu'ils vont commencer », a-t-il affirmé.

Sur la même question, Innocent Yao, président de la jeunesse du Pdci Rural , a dit : « La question que j'aurais souhaité que vous me posiez, est de savoir si la Constitution permet à Alassane Ouattara d'être candidat.

Ou alors, si jusqu'au 31octobre 2020, Ouattara sera toujours candidat. Et j'allais vous répondre par "non". Sinon, Kkb ne m'intéresse même pas. ( Il ne m'intéresse même pas parce qu'il n'est pas ma cible ni ma priorité. Dans le parti, on ne le considère même pas ».

Sollicité, Palé Dimaté, vice-président du parti , a répondu :« Non mais posez la question au Secrétaire exécutif. Pour le moment, je me réserve. Posez la question au secrétariat exécutif, ou alors au Conseil de discipline. Ce sont eux qui l'ont convoqué. Après, vous pourrez m'appeler et je peux dire ma position ».

Face au Conseil de discipline, KKB risque une suspension immédiate puis à l'issue d'un congrès une radiation du parti. En 2015, il avait été déjà suspendu du parti pour avoir refusé d'obéir à l'appel de Daoukro et pour s'être porté candidat à l'élection présidentielle, conformément aux résolutions initiales du congrès du parti, ensuite modifiées et adaptées pour être rendues conformes à l'appel lancé en septembre 2014, de façon unilatérale et en dehors des instances du Pdci Rda, par le Président Henri Konan Bédié.

En 2000, le Pdci avait connu la même situation avec une multiplicité de candidatures de ses cadres pour l'élection présidentielle. Emile Constant Bombet avait été régulièrement et majoritairement désigné comme candidat du parti par une convention, au détriment du président Henri Konan Bédié, alors en exil en France.

Finalement celui qui était alors le Président statuaire et élu du parti, dont Laurent Dona Fologo assurait l'intérim en son absence, s'était porté candidat au mépris de la volonté des militants , de-même que Lamine Fadika, et Amoikon Edjampan.

Toutes ces candidatures, rejetées par la Cour suprême présidée par le juge Tia Koné, avaient été considérées comme une défiance à l'égard des décisions de la convention et un rejet du candidat officiel du parti, malgré les explications visant à dire qu'il s'agissait d'avoir un plan B, au cas où la Cour suprême rejetait la candidature du ministre Emile Constant Bombet. À l'époque aucune sanction n'avait été prise contre aucun des candidats.

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