Congo-Kinshasa: Des dizaines de femmes accusent des travailleurs humanitaires d'abus sexuels

Une femme qui a été exploitée sexuellement par un médecin impliqué dans la riposte à Ebola est photographiée à Beni, en République démocratique du Congo, le 20 août 2020.

En République démocratique du Congo, une cinquantaine de femmes accusent des employés des agences des Nations unies et d'ONG internationales d'abus sexuels. L'OMS, parmi les agences accusées, annonce l'ouverture d'une enquête.

C'est ce que révèle une enquête signée The New Humanitarian et la Fondation Thomson Reuters. Les faits se seraient produits entre 2018 et 2020 dans le cadre de la lutte contre le virus Ebola. Des femmes, qui n'ont jamais signalés ces viols par peur des représailles, accusent plusieurs employés d'agences des Nations unies et d'ONG d'abus sexuels.

Elles sont cuisinières, femmes de ménage, travailleuses communautaires, payées entre 50 et 100 dollars par mois. Elles sont, au total, 51 femmes à accuser des travailleurs internationaux d'abus sexuels. Parmi elles, au moins 30 affirment que des employés de l'Organisation mondiale de la Santé étaient impliqués. L'OMS, qui a assuré mardi que ses travailleurs étaient « scandalisés » par ces allégations, a ouvert une enquête interne.

« Les actes qui auraient été commis par des personnes qui disent travailler pour l'OMS sont inacceptables et feront l'objet d'une enquête poussée. (...) Toute personne dont la participation à de tels actes aura été identifiée devra en rendre compte et en subir de graves conséquences, y compris un renvoi immédiat », a déclaré l'OMS dans un communiqué.

Les autres hommes qu'elles accusent viennent d'autres organisations telles que l'Unicef, Oxfam, Médecins sans frontières, de l'Organisation internationale pour les migrations, de World Vision ou encore d'ALIMA.

La plupart des témoignages ont été recueillis dans la ville de Béni, dans l'est de la RDC. Certaines victimes présumées affirment qu'elles auraient été piégées dans des bureaux ou des hôpitaux. Certaines auraient été contraintes d'accepter des avances sexuelles en échange d'une promesse d'embauche ou auraient été menacées de licenciement.

Plus de: RFI

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