Sud-Soudan: Le représentant de l'ONU s'inquiète de l'enlisement de la situation

Mère et fille au Soudan du Sud dans l'Etat de l'Unité.

Mardi, le représentant du secrétaire général de l'ONU au Soudan du Sud, David Shearer, s'est longuement exprimé sur les avancées et échecs du processus de paix. Il n'a pas caché son irritation vis-à-vis de toutes les parties, disant que les retards accumulés menaçaient la paix conclue en 2018.

L'ONU ne cache pas son agacement face à l'enlisement de la situation au Soudan du Sud. Dans des propos certes diplomatiques, l'agacement et l'inquiétude de David Shearer étaient perceptibles. Le chef de l'ONU au Soudan du Sud a d'ailleurs qualifié de « boiteux » l'accord de paix de 2018.

Il a listé une série de retards dangereux pour la stabilité : Assemblée nationale pas encore constituée, lois nécessaires pas encore adoptées ou encore la préparation de la nouvelle Constitution qui est à l'arrêt.

Alors qu'une élection cruciale est prévue en 2022, David Shearer a dit craindre que « les retards ne repoussent le scrutin bien au-delà ». « Toutes les parties doivent faire des efforts », a-t-il indiqué, reprochant au gouvernement de se réunir de façon trop irrégulière.

« Le rôle de l'État est simple »

Le diplomate s'est aussi attardé sur les finances. La semaine dernière, la Commission onusienne des droits de l'Homme avait accusé des politiciens de hauts rangs et des bureaucrates d'avoir détourné des dizaines de millions de dollars.

« Le rôle de l'État est simple. Compter l'argent qui entre puis compter l'argent qui sort. Chaque citoyen a le droit de savoir ce que le pays gagne et dépense en son nom », a déclaré David Shearer, révélant dans la foulée que le gouvernement n'avait pas publié l'état de ses dépenses depuis trois ans.

L'Union africaine et l'ONU saisis de l'affaire

Côté sécurité, le représentant de l'ONU a reproché à l'armée nationale d'empêcher depuis plusieurs semaines les casques bleus de rejoindre des communautés en difficultés.

« Il n'y a pas de respect mutuel venant des SSPDF », a estimé David Shearer. Union africaine et Conseil de sécurité ont d'ailleurs été saisis de l'affaire.

Un motif d'espoir est néanmoins arrivé côté gouvernemental. Il a annoncé que début octobre, des négociations devraient débuter, à Rome, entre pouvoir et groupes rebelles non signataires de l'accord de paix.

Plus de: RFI

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