Afrique: Evasion financière en Afrique - 89 milliards de dollars perdus par an

Un rapport des Nations unies publié la semaine dernière vient de faire le triste constat.

Le rapport 2020 de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement publié lundi dernier indique que l'Afrique pourrait gagner près de 89 milliards de dollars par an en freinant les flux financiers illicites (FFI). Cette somme représente 3,7% du Produit intérieur brut (PIB) du continent et s'évade sous forme de fuite de capitaux. Les flux financiers illicites sont des mouvements transfrontaliers d'argent et d'actifs dont la source, le transfert ou l'utilisation sont illégaux.

Le document montre que ces sorties sont presqu'aussi importantes que les entrées annuelles totales cumulées de l'aide publique au développement, évaluées à 48 milliards de dollars et des investissements étrangers directs annuels, fixés à 54 milliards de dollars, reçus par les pays africains. Ces flux comprennent la fuite des capitaux, les pratiques fiscales et commerciales illicites comme la facturation erronée des envois commerciaux et les activités criminelles telles que la corruption, le vol, etc. Le FFI représente une ponction majeure sur les revenus en Afrique, sapant sa capacité de production et ses perspectives pour atteindre ses objectifs de développement. Le rapport constate par exemple que dans les pays où les FFI sont élevés, les gouvernements dépensent pour la santé 25% de moins que les pays où ils sont faibles et 58% de moins pour l'éducation. Les filles et les femmes souffrent le plus des effets négatifs des FFI.

Le rapport constate que la lutte contre la fuite des capitaux et les FFI représente une importante source potentielle de ressources pour financer des investissements dans les infrastructures, l'éducation, la santé et les unités de production. Il montre que la lutte contre ces fléaux pourrait générer suffisamment de capitaux d'ici 2030 pour financer près de 50% des 2.400 milliards de dollars dont les pays d'Afrique subsaharienne ont besoin pour s'adapter au changement climatique et en atténuer les effets.

Les solutions au problème doivent passer par une coopération fiscale internationale et des mesures de lutte contre la corruption. La communauté internationale devrait consacrer davantage de ressources à la lutte contre les FFI, notamment en renforçant les capacités des autorités fiscales et douanières des pays en développement, conclut le rapport.

Plus de: Cameroon Tribune

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