Congo-Kinshasa: Victimes présumées d'abus sexuels à l'OMS - Témoignages en RDC

Une femme qui a été exploitée sexuellement par un médecin impliqué dans la riposte à Ebola est photographiée à Beni, en République démocratique du Congo, le 20 août 2020.
30 Septembre 2020

Deux femmes, qui assurent avoir été victimes d'abus sexuels de la part d'agent de l'OMS en RDC, témoignent sur la DW.

La DW en parlait dans son journal de 17hTU ce 30 septembre : en République démocratique du Congo, plus de 50 femmes accusent des travailleurs humanitaires de l'Organisation mondiale de la santé d'exploitation et d'abus sexuels alors qu'ils étaient chargés sur place de la lutte contre l'épidémie d'Ebola.

Ces femmes ont déclaré que des hommes travaillant pour l'OMS les avaient forcées à avoir des relations sexuelles en échange d'un emploi. Ce mercredi, sur la DW, sous couvert d'anonymat, deux femmes témoignent. Elles affirment qu'elles ont été contraintes à avoir des rapports sexuels pour pouvoir être embauchées.

"Tout tournait autour du sexe"

Kahambu (le nom a été changé) affirme que les "compétences professionnelles ne suffisaient pas" pour se faire embaucher dans les structures de lutte contre Ebola. En revanche, pour être éligibles à la quasi-totalité des postes, certains responsables humanitaires imposaient aux femmes des rapports sexuels. "Avec la riposte, ce n'était pas facile de se faire embaucher, tout tournait autour du sexe", raconte-t-elle. "D'ailleurs les tests qu'on passait, c'était pour tromper la vigilance. On retenait les gens avant même de passer le test". Elle assure, qu'avant le test, les chefs proposaient un rapport sexuel. "Si on refusait, on n'était pas retenu."

C'est le même calvaire qu'a vécu Kavugho (le nom a également été changé), une habitante de la ville de Butembo. Quand elle a postulé pour un poste dans la riposte contre Ebola, celle-ci a été contrainte de déposer sa lettre de candidature, le soir, à l'hôtel où logeait son employeur. Ce dernier voulait en profiter pour abuser d'elle. "J'ai eu des difficultés, moi aussi, avant de passer le test pour être admise. Le chef m'avait donné rendez-vous à son hôtel, il m'a demandé de venir déposer ma lettre le soir vers 20 heures à l'hôtel, alors que j'aurais dû le faire au bureau."

Atteintes du VIH

Après la déclaration de la fin de l'épidémie, les travaux de riposte ont pris fin au Nord-Kivu mais plusieurs femmes se sont retrouvées enceintes après avoir eu des relations avec ces travailleurs humanitaires. Certaines seraient même devenues séropositives. "C'est le cas d'une maman qui travaillait avec nous, elle était mariée mais elle vivait loin de son époux", raconte Kahambu. "Elle a couché avec un de nos chefs et dernièrement elle a été déclarée positive au VIH."

De nombreuses femmes ont affirmé qu'elles n'avaient jusqu'à présent pas signalé ces abus par crainte de représailles ou par "honte".

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