Congo-Kinshasa: Ebola - L'OMS enquête sur des agressions sexuelles

Une femme qui a été exploitée sexuellement par un médecin impliqué dans la riposte à Ebola est photographiée à Beni, en République démocratique du Congo, le 20 août 2020.
30 Septembre 2020

L'Organisation mondiale de la santé a annoncé qu'elle avait ouvert une enquête sur des accusations d'agressions sexuelles par des individus s'identifiant comme des agents de l'OMS dans la lutte contre Ebola en RDC.

Dans un communiqué publié ce mardi 29 septembre, l'agence de santé des Nations unies assure que "les actions qui auraient été perpétrées par des individus s'identifiant comme travaillant pour l'OMS ne sont pas acceptables et feront l'objet d'enquêtes sérieuses. Nous ne tolérons aucun comportement de ce type parmi nos employés, nos sous-traitants ou nos partenaires", a affirmé l'OMS, rappelant qu'elle avait "une politique de tolérance zéro à l'encontre des agressions sexuelles".

Emploi contre faveurs sexuelles

L'OMS n'a pas précisé la nature des accusations, mais ses déclarations surviennent peu après la publication d'une enquête par The New Humanitarian (ONG), dans laquelle plus de 50 femmes accusaient des employés de l'OMS et d'ONG impliquées dans la lutte contre Ebola d'exploitation sexuelle. On leur aurait proposé notamment des rapports sexuels en échange de la promesse d'un emploi.

L'OMS a précisé que son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait ordonné une enquête approfondie sur ces accusations. La République démocratique du Congo combat une nouvelle épidémie d'Ebola, la onzième qui touche ce pays, qui a provoqué 50 morts depuis juin.

Conflits armés et viols

En 2019, selon l'ONU, plus de 900 personnes ont été victimes de violences sexuelles liées au conflit en République démocratique du Congo (RDC). La partie orientale du pays, ravagée par les conflits, est la plus touchée. Selon Kate Gilmore, haut-commissaire adjointe de l'ONU aux droits de l'homme, une grande partie des crimes a été perpétrée par les personnes censées protéger les civils. Au cours des deux dernières décennies, l'est de la RDC a été le théâtre de conflits presque incessants.

Le cas de la Centrafrique

En janvier 2018, un rapport des Nations unies était à l'origine d'une enquête du parquet de Paris sur des "abus sexuels sur mineurs" qu'auraient commis des soldats en 2013 et 2014.

Selon le rapport, les soldats de la Minusca, la mission de maintien de la paix de l'ONU dans le pays, ainsi que les troupes françaises déployées dans l'opération Sangaris, ont été accusés depuis de nombreux viols et d'agressions sexuelles sur des populations locales. Mais les enquêteurs manquaient d'expérience ou tentaient de discréditer les victimes qui portaient des accusations contre les soldats de la paix des Nations unies.

Un ancien travailleur humanitaire, qui conseille aujourd'hui les organisations internationales et les gouvernements qui financent les efforts humanitaires, estime que la seule façon de changer les choses est que les donateurs - et les contribuables - exigent le changement. "Les gouvernements donateurs devraient adopter une position beaucoup plus ferme et doivent s'assurer que l'argent des contribuables n'est pas utilisé à mauvais escient dans le but de violer les droits des bénéficiaires vulnérables de l'aide", explique Miranda Brown, ancien du Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

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