Cameroun: Paul Biya au four et au moulin

Le président de la République a reçu vendredi à New York, ses homologues du Togo, de la RCA, du Burkina Faso, et l'ambassadrice américaine aux Nations unies.

Nouvelle journée-marathon vendredi pour le président de la République à New York. Une série d'audiences accordées en cette cinquième journée du débat général de la 71e Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies ont conforté l'image de Paul Biya au plan international : celle de l'homme d'Etat expérimenté dont la voix compte au milieu de ses pairs d'Afrique et des partenaires. Trois chefs d'Etat africains sont, en effet, venus ce vendredi à la rencontre du président camerounais. Dont deux, qui ont entamé, il y a peu, leur premier mandat à la tête de leur pays.

Le président de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadera, reçu à 12 h 30 mn au siège des Nations unies en fait partie. Élu à l'issue de la présidentielle du 30 décembre 2015 et du 14 févier 2016, il a hérité d'un pays à reconstruire. Défi herculéen donc pour le nouveau chef de l'Etat, qui est venu requérir la sagesse de son aîné et voisin. A la fin de l'entretien d'une demi-heure, M. Touadera a eu des mots de profonde gratitude à son homologue pour l'accueil de près de 250.000 réfugiés centrafricains au Cameroun. Face à la presse, le numéro un centrafricain a déclaré que les échanges entamés vendredi avec Paul Biya allaient se poursuivre dans le cadre d'une visite officielle envisagée au Cameroun.

Plus tard dans l'après-midi, le chef de l'Etat a reçu dans sa suite de l'hôtel Waldorf Astoria, une personnalité au profil semblable à celui de Faustin-Archange Touadera. Il s'agit de Roch Marc Christian Kaboré, président du Burkina Faso, élu en décembre 2015 à la fin d'une période de transition, ayant suivi le renversement du président Blaise Compaoré. Rien n'a cependant filtré de l'entretien. Idem pour le tête-à-tête entre le président Biya et son homologue togolais, Faure Gnassingbe, qui a eu lieu à 12h au siège des Nations unies.

L'audience-record de la journée a été accordée à Samantha Powell, ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies. Près de 70 minutes d'échanges entre Paul Biya et la diplomate américaine, qui n'a pas caché sa satisfaction, estimant que la longueur et la densité de l'entretien étaient le reflet d'une relation bilatérale qui gagne en intensité. Utilisant à peu près, les mêmes mots que la sous-secrétaire d'Etat américaine chargée des Affaires africaines, reçue la veille, Samantha Powell est allée redire au président camerounais que le gouvernement américain, et le président Obama en tête, avaient fortement apprécié les importants engagements pris par le Cameroun lors du sommet des leaders sur les réfugiés. « Nous lui sommes très reconnaissants pour cela », a ajouté Mme Powell, qui voit dans les échanges de ces derniers jours au plus haut niveau, quelque chose de nouveau dans la relation entre le Cameroun et les Etats-Unis d'Amérique. La lutte contre Boko Haram a forcément été évoquée. Et l'ambassadrice américaine s'est réjouie de la nette amélioration de la coordination entre le Cameroun et le Nigeria, tout en relevant que la communauté internationale devait faire mieux pour soutenir la réponse humanitaire.

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