Burkina Faso: Ouverture de la 2e session ordinaire de l'Assemblée nationale / Alassane Bala Sakandé - « Nul n'a le monopole du destin de ce pays »

Hier mercredi 30 septembre 2020, les députés ont regagné les bancs de l'Hémicycle au cours d'une cérémonie consacrée à l'ouverture de la 2e session ordinaire 2020 de l'Assemblée nationale.

Dernier du genre pour la présente législature qui s'achève dans quelques mois, elle a été une occasion pour le chef du Parlement burkinabè, Alassane Bala Sakandé, d'en évoquer le bilan et surtout d'appeler à une « nécessaire réconciliation nationale » et à des élections apaisées « pour une nation qui continue d'aller de l'avant et de croire en elle-même ».

Même ce fut une cérémonie consacrée à l'ouverture d'une session dite ordinaire, il n'en demeure pas moins qu'elle a revêtu un caractère spécial.

En effet, cette rentrée parlementaire marque aussi le crépuscule d'une 7e législature qui prendra fin en décembre prochain.

Ce qui s'est fait ressentir dans le discours de son président, Alassane Bala Sakandé, dont le ton fut d'abord celui d'un chef qui assume « son bilan aussi bien dans ses aspects positifs que dans ses aspects positifs » tout en étant reconnaissant à l'ensemble des élus : « A l'heure où notre aventure commune tire à sa fin, je sais que le commandant du bateau, que j'ai eu l'honneur d'être, n'aurait rien été sans le soutien et la solidarité des autres membres de l'équipage ».

Un équipage dont il a loué le courage en ces termes : « Je sais que la tâche n'a pas été du tout aisée. Il y a eu des moments de doutes et d'épuisement, des temps d'interrogations et de douleurs contenues, des instants de regrets et de tentations d'aller voir ailleurs.

Mais c'est dans une dignité toute particulière que vous êtes restés dans le navire aussi bien par temps calmes que par temps agités ».

S'adressant à des collègues « dont la respectabilité a été livrée en pâture » lors de la polémique sur la recommandation du Parlement relative au report des législatives du 22 novembre du fait de l'insécurité, le PAN, comme on l'appelle, a assené : «Nous sommes tous entrés dans cet auguste hémicycle par la grande porte de la légitimité populaire.

Jamais nous ne chercherons à y demeurer ou à prolonger notre bail par les voies dérobées d'un « lenga », d'un bonus ou de je ne sais quel autre vocable abject ».

Avant de rendre un hommage appuyé aux FDS pour leur patriotisme et leur professionnalisme dans la lutte contre le terrorisme, l'occupant du perchoir a prévenu que le Burkina va devoir affronter encore « l'inhumanité de l'ennemi », mais sa victoire finale ne fait guère l'objet de doute, car « la raison triomphe toujours de la bêtise, comme la lumière triomphe toujours des ténèbres ».

Le ton du président de l'Assemblée nationale fut aussi celui d'un chef rassembleur : « L'idée de la réconciliation nationale ne doit pas être un sujet tabou, ou un terme honni pour qui que ce soit, pour quel camps que ce soit ».

« Dans le contexte actuel, quelle plus haute exigence pour les Burkinabè que d'aplanir leurs différends et marcher résolument sur le chemin de la fraternité renouvelée ? » s'est-il interrogé avant de lancer : « Le Burkina Faso entier est responsable du Burkina Faso entier et le Burkina Faso entier repose sur les épaules de chacune et de chacun d'entre nous. Nul n'a le monopole du destin de ce pays ».

Evoquant les élections présidentielle et législatives couplées, le titulaire du perchoir a indiqué que plus qu'une simple date, le 22 novembre 2020 est un rendez-vous : « Un rendez-vous entre la classe politique et le défi de réussir des élections libres, transparentes et apaisées, dont la nation a besoin pour continuer d'aller de l'avant et de croire en elle-même». Alors il a invité les protagonistes à la retenue car ce qui importe, c'est « convaincre et non vaincre ».

Sur le budget, principal point à l'ordre du jour de cette session, Alassane Bala Sakandé exhorté l'exécutif à en faire « le miroir des priorités sociales, économiques et financières du gouvernement tout en indiquant dans quelle mesure les besoins de toutes les composantes de la société, hommes et femmes, des campagnes et des villes, sur un pied d'égalité, doivent être pris en compte ».

Comme il fallait s'y attendre, le ton fut aussi celui de l'humour. Et les Peuls en ont eu pour leur grade du fait de la parenté à plaisanterie qui les lie aux Yarcés, groupe ethnique du président de l'Assemblée nationale.

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