Sénégal: Escroquerie au visa - Le prévenu évoque la majorité du candidat au voyage

30 Septembre 2020

Accusé d'escroquerie portant sur 5,5 millions de FCfa au préjudice d'El. Diagne, le sieur A. M. Niang devra encore attendre trois jours pour connaître son sort. Le juge des flagrants délits du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye a mis l'affaire en délibéré au 2 octobre prochain.

En voulant faire voyager son jeune frère, El. Diagne s'est attaché les services du sieur A. M. Niang. Il lui a, de ce fait, versé une somme de 5 millions de FCfa pour l'obtention d'un visa. Après avoir encaissé l'argent, le prévenu, A. M. Niang, n'a pas honoré son engagement.

Fatigué d'attendre, le sieur Diagne a porté plainte au mois d'août dernier. Attrait hier à la barre des flagrants délits du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye pour escroquerie au visa, l'accusé a vu le juge mettre l'affaire en délibéré pour le 2 octobre 2020.

Le plaignant a soutenu avoir fait un premier versement de 3,5 millions de FCfa au prévenu, le 15 janvier 2016. Un an plus tard, le 17 février 2017, il lui a encore versé 2 millions de FCfa ; soit un total de 5,5 millions de FCfa.

«J'ai vendu mon véhicule et d'autres biens pour obtenir le montant qu'il m'a demandé. C'est ma mère qui m'a mis en rapport avec lui puisqu'il a longtemps séjourné en Italie», a relaté le plaignant.

Face aux juges, le prévenu a réfuté toutes les accusations. «Je vis en Italie depuis des années avec mes enfants. Lorsque le sieur Diagne m'a demandé de l'aider à faire voyager son petit frère, je lui ai dit que si ce dernier n'avait pas encore 17 ans, je pourrais facilement le faire.

C'est dans ce sens qu'il m'a remis 3,5 millions de FCfa », a narré le prévenu qui souligne que le candidat au voyage n'était pas mineur. Aussi, a-t-il confié avoir remboursé au plaignant la somme qu'il lui aurait remis.

«Quand j'ai appris que le garçon est âgé de plus de 17 ans, j'ai mis le plaignant, El. Diagne, en rapport avec le sieur Sarr qui s'active dans ce domaine. Je lui ai aussi remis 3,5 millions dans le but d'obtenir le visa dans une durée de dix jours. Mais depuis lors, rien n'a bougé », s'est défendu le prévenu.

Son argumentaire a été balayé par l'avocat de la partie civile. Selon Me Pape Mor Niang, le prévenu est un fieffé escroc qui a une stratégie bien huilée pour appâter ses cibles.

«Mon client a tout expliqué. Après avoir encaissé l'argent, il a changé de fusil d'épaule arguant détenir de l'or qu'il doit vendre pour lui rembourser son argent au cas où le sieur Sarr ne respecterait pas son engagement relatif au visa », a argumenté Me Niang qui a demandé que le prévenu soit reconnu coupable d'association de malfaiteurs et condamné à une peine dissuasive. « Nous lui réclamons 10 millions de FCfa pour tous préjudices confondus », a plaidé Me Niang.

Le maître des poursuites a relevé la culpabilité du prévenu. Selon lui, les faits sont constants dans la mesure où le prévenu a accepté de rembourser. «Il a fait usage de faux dans ce dossier. L'implication du faux gendarme en est la parfaite illustration.

Il s'y ajoute que ses déclarations ne reposent sur aucun fondement juridique », a déclaré le procureur de la République qui a requis 1 an dont 6 mois ferme contre A. M. Niang pour le délit d'escroquerie. Me Baba Diop de la défense a déploré le réquisitoire du procureur.

Selon lui, les seules preuves dans ce dossier sont des aveux. C'est pourquoi, il a demandé que les faits d'escroquerie soient disqualifiés en abus de confiance. Le tribunal a mis l'affaire en délibéré au 2 octobre 2020.

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