Cameroun: Contrebande - Les trois routes de l'infortune dans le Sud

Kye-Ossi et Abang-Minko'o, dans la Vallée-du-Ntem, et Oveng dans le Dja-et-Lobo, sont les trois portes d'entrée des produits de contrebande.

C'est par les pistes forestières, par monts et vaux, à pieds, à pirogues et dans de véhicules personnels tout terrain que d'importantes cargaisons de produits de contrebande inondent, chaque jour, le marché camerounais. Tout part, raconte-t-on, de Bitam, chef-lieu du département du Ntem, province du Woleu-Ntem, au Nord du Gabon. Les palettes, cartons et sacs... sont embarqués par des opérateurs économiques, sûrement véreux, reconnait-on à Ebolowa. Ceux-ci exercent dans la distribution des produits de viandes fraiches, des boissons (spiritueux, boissons hygiéniques, vins et bières), des biscuits et friandises, des pâtes alimentaires, parfums et cosmétiques, etc. On reconnaît, parmi eux, bien d'autres acteurs privés qui alimentent une filière, dit-on, à forte rentrée financière, au détriment de la trésorerie publique.

De Bitam, deux routes sont empruntées : celle qui débouche sur le marché frontalier d'Abang-Minko'o, après la traversée du pont sur le Mboro et le carrefour Akoulzock, avant d'atteindre Ambam, Meyo-Centre et Ebolowa, voire Yaoundé et Douala. Il y a également la route qui sollicite l'axe Bitam-Kye-Ossi après la traversée de la rivière Kye et mène rapidement sur Ebolowa. Seulement, l'existence de plusieurs barrières mixtes poussent les « trafiquants » à emprunter les pistes secondaires, reconnues sous le nom « Bateaux », passant par Mendimi et Mekomo, route Ebomam, et arrivent à Nkoévone, près d'Ebolowa. D'autres choisissent la brousse, traversant le Kye par pirogue pour sortir à Meyo-Nkoulou, sur la route Kye-Ossi-Ambam.

Les plus téméraires racontent comment, au fil des semaines et des mois, ils ont su « huiler » le circuit et empruntent les voies ordinaires. Ceux-là sont les cibles principales des agents des douanes, de la gendarmerie, de la police et du ministère du Commerce. Seulement, à l'observation, le trafic se passe de nuit et les barrières de contrôle sont évitées à suffisance. Les livraisons aussi. Tout, rassure-t-on, se fait au téléphone. Le transporteur informe toujours les revendeurs ou « l'importateur » de l'heure de son départ, la progression du voyage et l'heure exacte de livraison. Des livraisons qui, affirme-t-on à la délégation régionale du ministère du Commerce (Mincommerce), se font dans des domiciles privés. C'est ici que le consommateur se ravitaille. Les spéculations grimpent évidemment lors des fêtes légales.

Certaines langues dans la capitale régionale du Sud n'hésitent pas à indexer les propriétaires des voitures officielles, souvent pas soumis aux contrôles, qui se livrent à ce commerce illicite. Au Mincommerce, on affirme que la traque se poursuit sans relâche. Objectif : supprimer ces produits interdits dans les marchés.

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