Sénégal: Plusieurs propositions pour la relance de l'activité culturelle

Dakar — Les acteurs de la culture ont fait aux autorités des "propositions pertinentes", dont la diversification des mécanismes de financement de leur secteur d'activité, en vue de la relance des activités culturelles sur le territoire national, a-t-on appris vendredi du ministère de tutelle.

Les propositions ont été faites lors d'un atelier qui a duré trois jours, en présence du secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Habib Léon Ndiaye.

Elles concernent les sous-secteurs de la culture et des arts et doivent servir au redressement durable d'un secteur fortement éprouvé par la pandémie de Covid-19.

"Nous avons pu recueillir une masse critique de propositions favorables à des réformes structurantes, qui permettront de mettre le secteur sur la rampe de lancement, notamment la diversification et l'amélioration des mécanismes de financement de la culture", a souligné Lamine Sarr, le facilitateur de l'atelier.

La création d'une "banque culturelle" est l'une des propositions qui ont été faites.

"Le secteur bancaire traditionnel est très frileux quand il s'agit de financer la culture, parce qu'il pense qu'elle n'est pas rentable. Mais c'est une question d'organisation.

Les 350.000, voire 400.000 acteurs du secteur peuvent s'organiser et mettre en place une structure financière chargée de financer la culture", a rapporté M. Sarr, un ancien fonctionnaire du ministère de la Culture et de la Communication.

Le président de l'Association des acteurs de l'industrie musicale (AIM), Zeynoul Sow, estime qu'il faut "alimenter cette banque par des financements innovants". Une proposition à laquelle adhèrent les professionnels du conte, du théâtre, du cinéma et de l'audiovisuel créatif.

Ils appellent à "renforcer et diversifier les sources de financement en rendant effectifs la redevance sur la copie privée, les prélèvements de taxes sur la publicité, les sociétés de téléphonie mobile, les plateformes numériques, le mécénat, les futurs rentes pétrolières, etc."

Les acteurs de la musique ont demandé, pour leur part, l'annulation des taxes municipales, pour que les entreprises culturelles puissent redémarrer leurs activités. Ils ont également souhaité qu'une aide financière soit fournie aux organisateurs de spectacles.

Les danseurs ont fait 14 recommandations, dont la mise en place d'un fonds dédié à leur sous-secteur et le renforcement des droits de propriété intellectuelle des professionnels de la danse.

D'autres propositions sont relatives à la formation des acteurs culturels, à leur prise en charge sociale et aux réformes législatives et règlementaires du monde culturel.

Sur le plan institutionnel, l'adoption de la loi sur le statut de l'artiste, la réforme de la loi sur le cinéma et la construction d'infrastructures culturelles dans toutes les régions font partie de la panoplie de propositions.

Habib Léon Ndiaye assure les acteurs culturels qu"'aucun sous-secteur de la culture ne sera marginalisé" lors de la mise en œuvre du plan de relance. "Tous les enjeux liés à une bonne relance du secteur culturel ont été passés en revue", s'est-il réjoui.

Plus de: APS

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