Cote d'Ivoire: Présidentielle - Mission de déminage à Abidjan

Les présidents Ouattara et Condé

Le week-end écoulé a été politiquement chargé en Côte d'Ivoire comme les autres, depuis la publication de la liste des candidats retenus pour la prochaine présidentielle.

Si le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) multiplie les gestes pour montrer qu'il est un parti qui prend à bras-le-corps le développement de la Côte d'Ivoire, ses adversaires affûtent leurs armes pour empêcher ce qu'ils appellent « la forfaiture d'Alassane Dramane Ouattara » (ADO), se faire élire pour un 3e mandat.

Ainsi, samedi passé, si ce dernier inaugurait en grande pompe un nouveau stade de football à Abidjan devant 50 000 spectateurs, à quelques encablures de là, le siège du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) refusait du monde.

Des responsables de ses structures de base y préparaient le giga meeting du 10 octobre prochain qui devrait lancer les activités de la désobéissance civile.

Quand on sait que ce parti n'a pas envoyé de délégués à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), tout comme le Front populaire ivoirien (FPI), avec des menaces de retirer également leurs candidats à l'élection présidentielle, il y a assurément de l'eau dans le gaz de la démocratie ivoirienne.

En effet, au rythme où l'atmosphère sociopolitique est à la surchauffe, il faut craindre que l'élection présidentielle ne se déroule sans sérénité avec à la clé une contestation des résultats dans une déflagration sociale majeure.

Les crises postélectorales, la lagune Ebrié en est malheureusement coutumière et il y a de quoi s'inquiéter, à entendre certains discours politiques qui frisent l'intolérance.

La communauté internationale en est pleinement consciente, elle qui a mandaté à Abidjan une mission de haut niveau au nom du Conseil de l'Entente, de la CEDEAO, de l'Union africaine et des Nations unies.

Sous la conduite du ministre des Affaires étrangères et de l'Intégration régionale du Ghana, Mme Shirley A. Botchwery, elle est arrivée hier à Abidjan pour un séjour de 72 heures.

C'est véritablement une mission de diplomatie préventive dans un pays miné depuis 18 ans par des contentieux électoraux à répétition qui ont toujours débouché sur des affrontements chaotiques.

Pour éviter la répétition de l'histoire et le mauvais rôle du médecin après la mort, la communauté internationale, selon le mécanisme de la CEDEAO sur la prévention, la gestion, le règlement des conflits et pour le maintien de la paix, de la sécurité ainsi que son Protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance, s'emploie avec cette mission dépêchée à Abidjan à déminer le terrain pour une élection présidentielle, inclusive, transparente et crédible.

Mais à moins d'un mois du scrutin, vu l'irrédentisme des poids lourds de la scène politique ivoirienne et l'engagement ultra passionné de certains de leurs militants, ces diplomates de la CEDEAO, de l'Union africaine et des Nations unies n'auront pas la tâche facile.

C'est connu, le RHDP et son champion ADO cultivent un fétichisme sur les décisions de justice qui ont servi à exclure Laurent Gbagbo et Guillaume Soro de cette présidentielle, tout comme ils font une fixation sur la date du 31 octobre pour la tenue de l'élection présidentielle.

Or, comment prendre en compte les principales revendications de l'opposition : la refonte de la CENI ; l'inscription de Laurent Gbagbo et de Guillaume Soro sur les listes électorales et parmi les candidats à l'élection présidentielle, sans un report du scrutin ?

On attend de voir les recommandations que feront la présidente du Conseil des ministres de la CEDEAO, Mme Shirley, et les membres de sa délégation pour déminer Abidjan des germes d'une crise postélectorale violente.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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