Burkina Faso: Grève des routiers - Les chauffeurs professionnels refusent d'embarquer

Le Syndicat national des chauffeurs professionnels (SYNACP) se démarque des 96 h de grève décrétée par l'Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB). C'est l'information donnée le lundi 5 octobre 2020 à Ouagadougou par le président dudit syndicat, Jacques Francis Ilboudo. Pour lui, les raisons invoquées par les routiers ne sont pas assez pertinentes pour que soit organisée une grève. Et d'ajouter que ces derniers gagneraient plutôt à privilégier le dialogue.

À 24h de la grève de 96h décrétée par les chauffeurs routiers du Burkina, le Syndicat national des chauffeurs professionnels (SYNACP), par la voix de leur président, Jacques Francis Ilboudo, déclare qu'ils n'embarqueront pas dans le même véhicule avec leurs collègues de l'UCRB. Gonflé à bloc, il n'y est pas allé par quatre chemins pour manifester son mécontentement et a dit être prêt à riposter au cas où l'Union des chauffeurs routiers lui lancerait des piques.

Selon celui qui confie avoir passé 9 ans à la tête de l'UCRB, lesdits chauffeurs seraient manipulés, sinon les raisons invoquées par les syndicats, à savoir la gestion du fret, le règlement 14 de l'UEMOA, la charge à l'essieu et les tracasseries routières «ne méritent pas qu'on fasse grève ».

Pour lui, le Burkina a été éprouvé par plusieurs grèves et dans le contexte actuel, il ne faut pas « augmenter la souffrance du peuple par des grèves téléguidées par des mains obscures ». Si la gestion du fret par l'Organisation des transporteurs routiers du Faso (OTRAF) fait des gorges chaudes et suscite un mécontentement, il faut, suggère-t-il, la confier au Conseil burkinabè des chargeurs (CBC).

« Si le fret est mal géré, il faut que nous, les chauffeurs, puissions dire à l'autorité, au gouvernement, d'en retirer la gestion aux transporteurs et de la confier au CBC, qui a pour missions la centralisation et la gestion du fret. Quand le CBC gérait le fret dans le temps, il n'y avait aucun problème, c'était bien organisé », a-t-il affirmé.

Le Burkina étant un pays sans littoral, pour M. Ilboudo, le Burkina seul ne peut faire respecter le règlement 14 de l'UEMOA. Pour cela, il trouve inadmissible l'organisation de cette grève. Pour ce qui est des taxes de stationnement, à en croire l'orateur principal, celles-ci sont perçues dans certaines villes par les agents de l'OTRAF.

« Comment expliquer que nous, les chauffeurs, luttions pour la levée de ces faux frais et que nos patrons signent des conventions avec certains maires pour percevoir ces taxes ? » s'indigne-t-il. Quant aux tracasseries routières, Jacques Francis Ilboudo reconnaît qu'elles sont bien une réalité. Il va plus loin en disant qu'elles se sont même muées en racket.

Mais là encore, il soutient qu'il n'y a pas lieu d'aller en grève car une police des polices a été mise en place pour contrecarrer cette pratique. Pour cela, il invite ses pairs à collaborer avec cette police des polices et à ne surtout pas hésiter à faire des dénonciations pour parer aux tracasseries dont ils sont victimes.

Plus de: L'Observateur Paalga

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