Afrique: Le Directeur général de la FAO appelle à opérer un changement transformationnel dans notre manière de gérer les forêts et les systèmes alimentaires qui en dépendent

communiqué de presse

Rome — Le Comité des forêts s'intéresse tout particulièrement à la contribution que le secteur forestier peut apporter à la réalisation des Objectifs de développement durable et au rétablissement post COVID-19

Il est nécessaire d'opérer un changement transformationnel dans notre manière de gérer les forêts et leur biodiversité, de produire et de consommer des aliments et d'interagir avec la nature, si nous entendons «reconstruire en mieux» après la pandémie du COVID-19 et réaliser les Objectifs de développement durable (ODD). Tel est le principal message de l'allocution prononcée aujourd'hui par M. QU Dongyu, Directeur général de la FAO, lors de la vingt-cinquième session du Comité des forêts.

Cette année, la session du Comité des forêts se tient du 5 au 9 octobre à distance et a pour thème «Les forêts et la Décennie d'action pour les ODD: des solutions en faveur de l'adaptation au changement climatique, de la biodiversité et des populations».

Dans son allocution d'ouverture, le Directeur général de la FAO a souligné que la pandémie avait montré que les forêts pouvaient servir de filet de sécurité - en particulier aux personnes pauvres et vulnérables - en période de crise, en offrant de nombreuses possibilités de «reconstruire en mieux».

Étant donné que la déforestation et la dégradation des forêts se poursuivent à un rythme alarmant, en grande partie à cause de l'expansion agricole, nous devons trouver des moyens d'accroître la production agricole et d'améliorer la sécurité alimentaire sans réduire la superficie forestière, a déclaré M. Qu, avant d'appeler à modifier notre état d'esprit en profondeur et à repenser nos modèles d'activité.

«L'arrêt de la déforestation et le renforcement du reboisement doivent être un élément fondamental de la transformation durable des systèmes alimentaires», a souligné le Directeur général de la FAO.

Dans son allocution, M. QU a exhorté à redoubler d'efforts pour exploiter pleinement le potentiel des forêts et de la diversité alimentaire et à accroître les investissements dans le secteur des forêts durables. En effet, ces actions sont cruciales pour la réalisation des objectifs mondiaux tels que l'élimination de la faim et de la pauvreté, l'adaptation au changement climatique et l'atténuation de ses effets, ainsi que la conservation de la biodiversité.

En outre, il a fait le lien avec l'initiative Villes vertes, lancée par la FAO le mois dernier et dont l'objectif est de transformer les systèmes agroalimentaires, d'éliminer la faim et d'améliorer la nutrition en zone urbaine. Il a indiqué que les villes étaient essentielles pour «reconstruire en mieux» car elles disposaient «des capacités, des technologies, des investissements, des informations et du pouvoir d'achat». Il a ajouté qu'elles pouvaient être à la fois «le promoteur et le moteur de la transformation».

Cette année, la session du Comité des forêts est présidée par M. Wonsup Shin, professeur à l'Université nationale Chungbuk (Cheongju, République de Corée) et ancien Ministre des Services forestiers coréens. Parmi les participants à la séance d'ouverture figuraient Mme Inger Andersen, Secrétaire générale adjointe de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), et M. Virginijus Sinkevičius, Commissaire européen à l'environnement, aux océans et à la pêche.

«Le COVID-19 nous a appris que nous devions renforcer les capacités d'intervention en cas d'urgence», a déclaré Mme Andersen. Elle a précisé qu'un rétablissement respectueux de l'environnement après la pandémie passerait par la promotion de forêts saines et restaurées à l'issue de la transition préconisée par la Convention sur la diversité biologique, la priorité étant de préserver les écosystèmes intacts, de restaurer les écosystèmes dégradés et d'enrayer la dégradation. «Toutefois, pour que cette transition s'opère, nous devons transformer nos systèmes alimentaires, qui sont la principale cause de la déforestation et de l'appauvrissement de la biodiversité», a-t-elle ajouté.

Le Commissaire européen, quant à lui, a déclaré: «Les forêts et les arbres contribuent aux quatre piliers de la sécurité alimentaire que sont la disponibilité, l'accès, l'utilisation et la stabilité. Si nous ne parvenons pas à concrétiser l'ODD 15, en particulier à gérer les forêts de manière durable, à endiguer l'appauvrissement de la biodiversité et à inverser la tendance dans ce domaine, nous n'arriverons pas non plus à libérer le monde de la faim ni, plus largement, à réaliser le Programme de développement durable à l'horizon 2030.»

Activités de la FAO dans le domaine des forêts

La FAO, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le PNUE, aide plus de 60 pays à réduire la déforestation et la dégradation des forêts, dans le cadre du Programme de collaboration des Nations Unies sur la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement. Les activités de l'Organisation en matière d'application des réglementations, de gouvernance et d'échanges commerciaux dans le secteur forestier aident les pays à lutter contre l'exploitation forestière illégale et à promouvoir le commerce de bois produit de manière durable par de petites entreprises.

Le Programme de gestion durable de la faune sauvage de la FAO est le fer de lance des efforts visant à garantir que les êtres humains, les animaux et l'environnement jouissent du meilleur état de santé possible, dans le cadre de l'approche Un monde, une santé, tout en renforçant la gestion des espèces sauvages et en améliorant la sécurité alimentaire des populations locales.

Améliorer les moyens d'existence, la prospérité et le bien-être liés aux forêts est l'objectif du Mécanisme forêts et paysans. Plus de 25 millions de personnes dans 30 pays bénéficient directement ou indirectement de cette initiative, y compris pendant la pandémie du COVID-19.

Par ailleurs, la FAO contribue à restaurer la productivité des terres dégradées et les moyens d'existence des populations du Sahel. Son appui à l'initiative Grande muraille verte du Sahara et du Sahel a ainsi permis de restaurer quelque 50 000 hectares de terres.

En collaboration avec le PNUE et le Secrétariat de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, la FAO a élaboré un ambitieux plan d'action conjoint visant à restaurer 100 millions d'hectares de terres dégradées, à séquestrer 250 millions de tonnes de dioxyde de carbone et à créer 10 millions d'emplois verts.

Vingt-cinquième session du Comité des forêts

Le Comité des forêts est l'organe statutaire le plus élevé de la FAO dans le domaine des forêts. Ses sessions biennales réunissent les responsables des services forestiers et d'autres hauts fonctionnaires nationaux, qui sont chargés de recenser les questions d'apparition récente intéressant les politiques et les aspects techniques, de trouver des solutions et de formuler des conseils à l'intention de la FAO et d'autres acteurs sur les mesures qu'il convient de prendre.

La vingt-cinquième session du Comité des forêts et la septième édition de la Semaine mondiale des forêts (2-12 octobre) porteront notamment sur les contributions que le secteur forestier peut apporter à la Décennie d'action pour les ODD et au rétablissement après la pandémie de covid-19, y compris sur les solutions en faveur de l'adaptation au changement climatique, de la biodiversité et des populations.

Plus particulièrement, le Comité examinera une série de questions importantes de portée mondiale, dont les répercussions du COVID-19 sur le secteur forestier et les moyens d'y faire face, le rôle des forêts dans la transformation des systèmes alimentaires et l'atténuation des effets du changement climatique, ainsi que les contributions du secteur forestier à la Décennie des Nations Unies pour l'agriculture familiale et à la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes.

Les délégués se pencheront également sur les conclusions des deux rapports phares ayant trait aux forêts qui ont été publiés récemment, à savoir La situation des forêts du monde 2020 et l'Évaluation des ressources forestières mondiales 2020. Une nouvelle publication, intitulée Aller de l'avant, qui présente les résultats obtenus par la FAO en 2018-2019 dans le cadre de son programme relatif aux forêts, sera lancée pendant la session.

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