Maroc: Soufiane Ouhoud... L'observateur maritime qui a pris la vague du "café mobile"!

Azrou — L'avenir, il ne l'appréhende pas. Il l'envisage avec optimisme. Car son talisman pour la vie est la persévérance, la pugnacité. Son leitmotiv est la prise de risque, la liberté.

Soufiane Ouhoud, qui a fait toutes ses études dans le domaine maritime, a toujours rêvé d'être son propre patron. Le salariat n'est pas sa vocation. Ce rêve, il le vit depuis un mois. Le jour où il a pris le volant de son "café mobile", l'un des concepts qui ont pris de l'envergure durant la crise du Covid19.

À 25 ans, la maturité chez lui semble innée. Plutôt que de se résigner à sa condition, à une vie sans reliefs, il a choisi de se prendre en main, de voler de ses propres ailes. Son crédo dans la vie, il le résume en quelques mots, avec un brin de philosophie : "ça va être dur, mais dur ne signifie pas impossible".

À 2.000 mètres d'altitude, sur la route nationale entre Azrou et Timahdite, Soufiane s'affaire dans son "Coffee Town", une cafétéria mobile qui ne passe pas inaperçue. Sous le regard curieux de jeunes singes magots, intrigués par ce visiteur de la journée venu partager leur espace, Soufiane peaufine sa mise en place. Ses voisins semblent apprécier petit à petit la présence de Soufiane, qui, d'ailleurs, en joue pour faire la promotion de son café ambulant sur les réseaux sociaux.

Si sa clientèle est essentiellement des professionnels de la route ou des voyageurs d'un jour, certains se déplacent depuis Azrou, sa ville natale, où il a eu son bac en sciences physiques en 2013, avant de prendre la direction d'Agadir pour suivre des études à l'institut supérieur de pêche maritime (ISPM). Son diplôme en poche, il a décroché une licence professionnelle à Larache, puis un master en environnement marin à la faculté des sciences et techniques de Tanger.

Sa carrière professionnelle -en tant que salarié- a démarré en 2019 au port de Nador. Il y a travaillé en tant qu'observateur maritime pour le compte d'un bureau d'études. "C'était une parenthèse", dit-il. Le tournant a été la période de confinement qui lui a "bien ouvert les yeux".

"L'idée de monter mon propre projet ne m'a jamais quitté. J'ai profité de la période de confinement pour y mettre de l'ordre". Il dit n'avoir pas attendu de voir si son contrat, qui prenait fin en juin 2020, allait être renouvelé ou pas. Sa décision était prise. C'est l'auto-entrepreneuriat qui l'anime.

L'idée du projet, il l'a glané de l'application Pinterest, qui est à la base un site web américain mélangeant les concepts de réseautage social et de partage de photographies, lancé en 2010. Il permet à ses utilisateurs de partager leurs centres d'intérêt et passions à travers des albums de photographies sur Internet.

Après des semaines d'étude de la faisabilité du projet et des aspects financier, technique et procédural, il a commencé par l'achat du véhicule, un mythique Renault 4L encore en bon état, malgré de longues années de loyaux services. Un choix qui était "crucial" pour lui. Car, pour se distinguer et attirer la clientèle, il fallait opter pour une voiture classique, qui a du charme et du caractère.

S'en est suivie toute la phase de la préparation de la voiture, notamment la peinture, le choix du logo, l'achat du moulin, de la machine à café, du mini-frigo. "L'investissement global, y compris le véhicule, a avoisiné les 60.000 DH", confie-t-il à la MAP.

Pour la source d'énergie nécessaire à la bonne marche du matériel, Soufiane a opté pour une énergie verte, pour "bien s'intégrer" dans le paysage floristique de sa région. "Au lieu d'utiliser un moteur à essence, qui est polluant et assez coûteux, j'ai investi dans des panneaux solaires, sur recommandation de professionnels du domaine".

Le procédé est assez simple : à partir des deux panneaux solaires installés sur le toit de la voiture -d'une puissance de 280 watts-, un régulateur récupère l'énergie et charge les batteries positionnées à l'intérieur du véhicule. Entre alors en scène un convertisseur qui permet de convertir le courant continu de 12 volts en courant alternatif de 220 volts.

"Cela fait un mois que j'ai démarré mon activité. Les affaires vont assez bien. Je suis confiant en l'avenir", assure Soufiane, esquissant un sourire radieux.

Son ambition est sans bornes : Il aspire à créer une chaîne de cafés mobiles qui sillonneraient tout le Moyen-Atlas avant de toucher tout le royaume. "J'aimerais aussi organiser des tournées dans tout le Maroc. Une manière d'allier travail et découverte".

Il en profite pour lancer un message aux jeunes de sa génération : "N'attendez pas qu'on vous donne votre chance. Prenez-vous en charge !. Quand on est son propre maître à bord, la motivation est décuplée, l'envie d'avancer n'a plus d'égal".

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