Ile Maurice: Financement allégué d'activités terroristes - Maurice pointé du doigt

La police indienne soupçonne le Popular Front of India d'inciter aux émeutes et à des soulèvements dans plusieurs États.

Les journaux indiens en parlent depuis mardi, en reprenant les conclusions d'un rapport préliminaire de l'Enforcement Directorate, institution chargée de faire appliquer les lois et de lutter contre la criminalité économique en Inde. Selon ce rapport préliminaire, 500 millions de roupies indiennes, soit environ 250 millions de roupies mauriciennes, ont été envoyées de Maurice vers l'Inde pour financer le mouvement Popular Front of India, basé dans l'État d'Uttar Pradesh.

La police indienne soupçonne ce mouvement d'inciter aux émeutes et à des soulèvements dans cet État et dans d'autres, après le viol et le meurtre d'une jeune femme appartenant à la caste des Dalits. Des manifestations spontanées ont eu lieu à Delhi et dans plusieurs villes de l'Uttar Pradesh pour dénoncer la violence faite aux femmes. Nous avons tenté d'obtenir une explication du ministre des Services financiers, Mahen Seeruttun, mais il était pris hier après-midi dans une activité à Quatre-Sœurs.

De son côté, l'ancien ministre des Services financiers, Sudhir Sesungkur, ne croit pas que les Mauriciens ont financé ce mouvement. «Je ne le pense pas. Ce qui m'apparaît clair c'est que l'argent provient de l'Inde ou d'un autre pays et a transité par notre secteur offshore.» Après de récentes accusations de blanchiment d'argent provenant notamment de la corruption, rappelle-t-il, «voilà que notre juridiction fait face à une allégation grave de financement d'activités terroristes». Il se demande ce que font les institutions de supervision et de contrôle. «Cela ne va certainement pas faciliter nos efforts pour nous sortir de la liste noire de l'Union européenne», estime-t-il.

Pour Sudhir Sesungkur, nos institutions et les personnes à leur tête ne font que du fire fighting, c'està-dire qu'elles réagissent aux événements quand il est trop tard. «Et puis, dit-il, la lutte contre le crime financier ne tombe pas sous une seule institution comme l'Enforcement Directorate en Inde. À Maurice, une partie du travail est effectuée par la Financial Services Commission, une autre par la police, une autre encore par la commission anticorruption.» Il ajoute que cet éparpillement des tâches «empêche de situer les responsabilités dans notre échec dans cette lutte».

Au niveau de la Financial Services Commission, on nous a indiqué qu'une enquête est en cours.

Plus de: L'Express

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