Burkina Faso: Ecole primaire publique Kuinima C - Un effectif de 190 élèves au CM2 fait des gorges chaudes

L'école primaire publique Kuinima C fait beaucoup parler d'elle en cette rentrée scolaire à Bobo-Dioulasso. Avec un effectif de 190 élèves au CM2, de nombreux parents sont actuellement dans l'angoisse.

Car pour eux, un tel effectif dans un contexte sanitaire marqué par la maladie à coronavirus reste à tout point de vue un danger et un sérieux handicap au bon apprentissage des enfants. Mis en cause dans cette affaire, le directeur de l'école s'en défend.

Si ce n'est pas le record, ça y ressemble. 190 élèves (pas loin des 200 qui nous avaient été annoncés) serrés les uns contre les autres avec une capacité de mouvement très réduite.

Ici, chacun est plutôt astreint à maintenir une certaine position pour une meilleure répartition du maigre espace encore disponible sur le table-banc.

Le regard innocent, doublé d'une soif d'apprendre, ces gamins, en plus du travail intellectuel, se voient encore soumis à une épreuve d'endurance en classe. Dur dur, l'apprentissage scolaire à l'école Kuinima C de Bobo-Dioulasso.

Une école qui, malgré tout, ne désemplit pas et connaît une affluence considérable à chaque rentrée scolaire. Une situation qui pourrait s'expliquer, selon des sources proches de l'administration, par sa position géographique.

Située en effet dans le vieux quartier Kuinima, du nom de l'établissement, cette école primaire accueille les enfants d'horizons divers et principalement ceux des secteurs, 6, 17, 18 et 26.

Les effectifs dans les classes ne cessent d'augmenter au fil des années sans que des mesures d'accompagnement soient prises pour répondre aux besoins d'offres scolaires de plus en plus croissants en matière d'infrastructures.

Conséquence, un effectif pléthorique devenu une réalité dans toutes les salles de classe et qui provoque visiblement chez les enfants une promiscuité presqu'insupportable.

Illustration, dans une salle pleine comme un œuf et qui accueille les élèves du CM2 à Kuinima C pour cette année scolaire 2020-2021. Au nombre de 190 en effet, ces apprenants doivent davantage s'armer de courage pour affronter les dures réalités quotidiennes dans leur classe.

Une malheureuse situation qui intrigue certains éducateurs, lesquels peinent encore à accepter cette surcharge qui pour eux serait due à des recrutements parallèles opérés par l'administration.

Pour mieux comprendre les raisons de cet état de fait qui ne cesse d'irriter des parents d'élèves, nous avons effectué le lundi 5 octobre 2020 un tour au sein dudit établissement.

C'est un spectacle désolant qui s'offrait en effet à nous, au vu des conditions difficiles dans lesquelles travaillent ces élèves du CM2.

Un effectif de 190 élèves que nous confirme l'une des enseignantes de la classe. Téné Kientéga, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, ne semblait pourtant nullement perturbée par ce chiffre effarant dans sa mission de dispenser le savoir aux enfants.

«C'est difficile pour nous, mais nous faisons de notre mieux pour accomplir notre devoir afin d'atteindre les résultats escomptés. Je suis aidée dans ma tâche par Hortense Koné et jusque-là tout se passe bien.

Pour vérifier les absences par exemple, on demande aux élèves de signaler leurs voisins qui ne sont pas à leur place au lieu de procéder à l'appel nominatif des élèves. Cela nous permet de gagner du temps.

On n'a pas le choix. On s'adapte à la situation», a déclaré l'institutrice. Mais d'où viennent les 190 élèves qui fourmillent dans cette classe de CM2 trop exiguë pour offrir aux occupants de meilleures conditions d'études ?

Interpellé sur cette question, le directeur de l'école, François Millogo, que certains accusent d'avoir procédé à des recrutements parallèles, jure la main sur le cœur n'être pour rien dans cette affaire.

Pour nous convaincre, il nous conduira de nouveau dans la classe mise en cause afin de procéder à des vérifications.

Un premier groupe d'élèves représentant les 2/3 de la classe s'est mis debout quand il s'est agi de connaître les admis en la classe de CM2 à l'issue des compositions de CM1 de l'école Kuinima C.

Un deuxième groupe représentant un peu moins du tiers de l'effectif, lui aussi, se signale quand il s'est agi de connaître les redoublants de la classe de CM2. Mais aucune réaction dans la classe lorsqu'il a été demandé aux élèves venus d'un autre établissement de se mettre debout.

Suffisant alors pour le directeur de l'école de montrer sa bonne foi et surtout de convaincre les parents d'élèves qu'il n'est nullement responsable de la situation.

Mieux, il nous apprendra que l'école ne fait qu'appliquer les décisions des responsables de l'enseignement. « Pour la rentrée 2020-2021, nous avons reçu des directives selon lesquelles aucun élève du CM2 ajourné au CEP se doit être renvoyé.

Par conséquent nous avons gardé tous les élèves qui ont échoué au Certificat d'études primaires. Les instructions disent également, pas de redoublant au CM1.

C'est donc une vague très importante d'élèves du CM1 qui est venue s'ajouter aux redoublants du CM2. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés avec un effectif de 190 élèves au CM2.

Il est facile d'accuser le directeur. Je déclare et je confirme qu'il n'y a pas eu de recrutement parallèle au CM2 », a déclaré François Millogo.

Plus de: L'Observateur Paalga

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