Sénégal: Lutte contre les cancers - Les femmes adhèrent de plus en plus au dépistage

8 Octobre 2020

À Pikine, plusieurs femmes interrogées saluent les activités de sensibilisation menées dans la campagne annuelle « octobre rose ». Cette dernière vise à inciter les femmes à dépister tôt les cancers du sein et du col de l'utérus.

Rencontrée dans un arrêt bus à Pikine Icotaf, Anna Fall, 31 ans, a pris conscience de la gravité du cancer du sein depuis qu'elle a entendu à la télévision, l'année dernière, une femme livrer des chiffres qu'elle a trouvé alarmants sur la progression de la maladie.

« Je n'ai plus les chiffres en tête, mais le cancer du sein et celui du col de l'utérus tuent beaucoup de femmes. C'est ce qui m'avait poussé à aller au district sanitaire de Guédiawaye où j'ai fait une mammographie », informe notre interlocutrice.

Anna Fall dit avoir même conscientisé ses sœurs et colocataires qui, par la suite, ont toutes accepté de se faire dépister. Agée de 43 ans, Adji Thiam est en vacance à Dakar. Elle vient du Maroc où elle travaille. Elle a déjà subi une opération au sein tout comme sa mère décédée du cancer du sein.

« En tous cas, ce n'est pas moi qui vais nier la gravité du cancer du sein. J'ai perdu un sein et j'en souffre énormément. C'est pourquoi, quand je vois une femme refuser de se faire dépister, je l'assimile à une déséquilibrée mentale », confie-t-elle.

Toulaye Ba, quant à elle, ne s'est jamais fait dépister par simple insouciance. Cependant, cette habitante du quartier Nietty Mbar s'exerce régulièrement à l'auto-palpation pour s'assurer qu'elle ne court pas de risque.

« C'est grâce à notre Bédiénou Gokh que je fais de l'auto-palpation. Le sein fait partie de la féminité, nous devons tout faire pour ne pas le perdre », argumente celle qui a décidé de se faire dépister avant la fin du mois, donc de la campagne « octobre rose ».

Pour Maïmouna Faye, une jeune fille, demeurant à Pikine Tally Bou mack, le dépistage fait partie des moyens de prévention contre les maladies liées aux cancers. « Je me fais dépister chaque année. En même temps, je suis adepte de l'autopalpation.

La santé est prioritaire », martèle-t-elle, saluant l'organisation des activités de dépistage et de sensibilisation durant le mois d'octobre pour aider les femmes à prendre conscience de la gravité des cancers du sein et du col de l'utérus. Pourtant, Maïmoua Faye peine à convaincre sa maman à aller se faire dépister. « Ma mère est une fataliste.

Chaque fois que je lui en parle, elle n'accorde aucune importance à ce que je dis. Elle remet tout entre les mains de Dieu », regrette Maïmouna qui a promis de continuer à la sensibiliser sur la gravité de cette maladie.

Contrairement à la maman de Maïmouna, Mme Ngoné Diaw a peur du cancer. C'est pourquoi elle invite les femmes à fréquenter les structures de santé pour se faire dépister et prévenir les maladies graves comme les cancers.

Elle ignore certes le sens « d'octobre rose », mais n'en demeure pas moins convaincue que si c'est pour aider les femmes à prévenir ou combattre le cancer, c'est à saluer.

MAMMOGRAPHIE

Un groupe WhatsApp pour permettre aux femmes de s'inscrire

Médecin-chef du district sanitaire de Yeumbeul, Dr Pape Samba Dièye, informe que plusieurs activités de sensibilisation et de dépistage sont déjà programmées dans la campagne « d'octobre rose ». « Nous avons même prévu d'organiser des activités avec la Lisca.

Mais, c'est à cause du grand Magal de Touba que les choses sont un peu au ralenti », a indiqué le médecin qui a promis que ces activités reprendront dans les prochains jours.

Selon lui, « avec les Badiénou Gokh, un groupe WhatsApp a été créé et des femmes se manifestent pour demander quand est-ce qu'elles peuvent passer pour faire une mammographie », a-t-il informé.

Dr Pape Samba Dièye soutient que le lancement de la campagne « octobre rose » à Yeumbeul a porté ses fruits dans la mesure où il a été couplé à une activité de dépistage au profit de 100 femmes.

Plus de: Le Soleil

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.