Burkina Faso: Enseignement supérieur - IAM Ouaga devient l'université de l'Unité africaine

« Université de l'Unité africaine », c'est le nouveau nom de l'Institut africain de management de Ouagadougou (IAM Ouaga). La nouvelle a été annoncée le jeudi 8 octobre 2020 lors de la conférence de presse marquant la rentrée académique 2020-2021 de cette nouvelle université.

Le président du conseil d'administration de cet établissement d'enseignement supérieur, Ahmed Moussa Diallo, est revenu sur l'écrit du Courrier confidentiel du 5 octobre dernier faisant état de ce que le Bac américain délivré dans cette structure n'était pas reconnu par le ministère ni par l'ambassade américaine.

Le président du conseil d'administration de l'IAM, Ahmed Moussa Diallo, a annoncé aux journalistes que son établissement passe du statut d'institut à celui d'université sur autorisation du ministère de l'Enseignement supérieur. Le processus de mutation a été entièrement achevé le 29 juin 2019, à savoir l'adoption des statuts, l'obtention du registre de commerce, la déclaration aux impôts et la concrétisation de l'immatriculation à la CNSS. Le dossier complet de demande de statut d'université a été déposé le 10 avril 2020 au ministère, car la commission d'examen devait se réunir le mois suivant cette date.

L'accord est obtenu, et IAM devient donc université de l'Unité africaine. Mais Ahmed Moussa Diallo a précisé qu'à l'origine, la dénomination choisie était Université Thomas Sankara. Un choix fait en accord avec la famille du père de la Révolution. Mais il sera obligé de changer de nom. « A la lecture du Conseil des ministres du 22 juillet 2020, nous avons appris que le nom choisi pour notre université a été donné à l'université Ouaga 2. D'où le nom de l'université de l'Unité africaine, thème qui était si cher au leader de la Révolution », a expliqué Ahmed Moussa Diallo.

Mais qu'à cela ne tienne, le fondateur de l'IAM n'en fait pas un problème. Deux unités de formation et de recherche sont d'ores et déjà ouvertes dans cette nouvelle université : il s'agit des UFR SEG (Sciences économiques et de gestion) et SJPA (Sciences juridiques, politiques et de l'administration). « Nous changeons de statut mais l'ambition reste la même », le label d'excellence demeure.

Le conférencier est revenu de long en large sur le high school diploma, un diplôme de fin de cycle au lycée qui permet aux élèves d'accéder aux universités dans les pays anglo-saxons.

Vous l'aurez compris, cette réaction fait suite à l'écrit du Courrier confidentiel du 5 octobre 2020 dont le titre est « Bac américain délivré par IAM-Ouaga : Le ministère et l'ambassade américaine ne s'y reconnaissent pas ».

Pour Moussa Ahmed Diallo, son établissement ne délivre pas ce diplôme. C'est plutôt son partenaire, l'American school of leadership, basé à Orlando (Miami aux Etats-Unis), qui le fait. Sa structure, dans ce cas précis, joue le rôle de centre de composition en ligne pour les futurs étudiants qui veulent avoir accès à ce diplôme. Et de préciser que l'American school of leadership est reconnu par l'Etat de Floride, qu'il paie ses impôts et dispose des meilleures accréditations qui existent au monde.

« Comment nous avons scellé le partenariat pour ce diplôme »

Ce fut également l'occasion pour le premier responsable de l'université de l'unité africaine de faire la genèse du high school diploma. Tout commence, selon lui, en 2014 lorsqu'il fait la connaissance d'un Américain d'origine africaine dont le rêve était de rendre au continent tout le bien qu'il lui a apporté. Fondateur d'une université au pays de l'oncle Sam, celui-ci accepte de signer une convention avec l'IAM pour permettre aux Africains d'obtenir ce diplôme à un prix abordable. Il effectue ainsi une visite à IAM pour voir les installations, le programme, etc.

A son tour, l'institut initie une visite de courtoisie et dépose ensuite le dossier auprès du ministère de tutelle et auprès de l'ambassade des Etats-Unis. Depuis, 487 élèves ont eu ce diplôme pour s'inscrire dans d'autres universités en Afrique, en France, en Belgique, en Allemagne, au Japon, en Russie, en Chine, aux Etats-Unis et au Canada. Pour prouver l'importance de ce papier pour les étudiants, le PCA a contacté, séance tenante, deux d'entre eux, l'une vivant en Russie et l'autre au Canada. Selon les explications, ce document permet à certains de gagner un bonus d'un semestre. Ahmed Moussa Diallo en est convaincu, le nœud du problème réside dans le coût, qui est très accessible contrairement à d'autres offres. Mais le patron de l'université de l'Unité africaine ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. « On va faire le high school diploma à Ouagadougou parce que les jeunes Burkinabè doivent avoir accès aux diplômes internationaux. On a les compétences pour le faire, et désormais, il y aura une école américaine à Ouagadougou qui fera le high school diploma », a-t-il promis.

Encadré

93,30% de taux de réussite en 2020 à IAM

Selon le bilan présenté par le directeur général de l'IAM, Alioune Benga, l'établissement, grâce aux cours en ligne, a pu achever, malgré la pandémie de covid 19, son programme. Les examens ont eu lieu du 8 au 13 juin. 242 soutenances ont été faites contre 241 l'année dernière, et 152 nouveaux rapports ont été déposés pour des soutenances. Le taux de réussite est de 93,30%

L'IAM a reçu 113 boursiers de l'Etat à raison de 300 000 F CFA par an soit 900 000 F pour trois ans alors que la scolarité pour cette durée est de 1 725 000 F. La rentrée académique 2020-2021 est prévue pour le 15 octobre prochain, et 1 600 étudiants sont attendus contre 1487 l'année dernière.

Plus de: L'Observateur Paalga

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