Mali: Libération Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin - Cette fois, c'est bien officiel

Cette fois, c'est bien officiel : Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin ont été libérés hier, 8 octobre 2020, au grand soulagement de leurs proches, de leurs amis et de leurs partisans, qui ont célébré l'événement comme il se devait.

Sébastien Chadaud-Pétronin, le fils de la vieille dame de 75 ans, qui avait sauté dans le premier avion pour Bamako, sitôt l'information sur l'imminence de la libération de sa « petite maman » donnée, n'aura pas effectué le déplacement pour rien, même si ces dernières 72h, comme tant d'autres personnes, il était partagé entre optimisme et prudence et parfois même en proie au découragement, vu que l'attente tirait en longueur.

Les deux captifs devaient en effet être libérés depuis le lundi ; une sorte de monnaie d'échange contre la libération, le week-end dernier, d'une centaine de terroristes qui étaient détenus dans les prisons maliennes. Mais sans qu'on sache trop pourquoi, alors que les djihadistes avaient rejoint leur sanctuaire dans le septentrion malien, il n'y a pas eu de traces de la travailleuse humanitaire enlevée à la veille de Noël 2016 à Gao ni du chef de file de l'opposition malienne, qui avait disparu des radars dans la région de Tombouctou, il y a 6 mois, alors qu'il y battait campagne pour les élections législatives. Certains en étaient même venus à se demander ces 4 derniers jours si les ravisseurs tiendraient parole et quel genre d'embûches s'étaient dressées entre-temps sur le chemin des deux otages. Bien sûr, on ne parle que des deux vedettes, mais deux Italiens, à savoir Nicola Chiacchio et Pier Luigi Maccalli, ont aussi été relaxés.

Maintenant que Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin, celle-là même qui était jusque-là la dernière otage française à travers le monde, hument de nouveau l'air frais de la liberté retrouvée, on se demande quelles conditions la France et le Mali ont remplies, en sus de l'élargissement de la centaine de terroristes, pour aboutir à ce résultat. Y a-t-il eu, par exemple, le paiement d'une rançon ? Si oui, à hauteur de combien, même si officiellement aucun Etat ne reconnaît le versement d'une contrepartie financière ? Quoi qu'il en soit, c'est un grand coup politique que marquent là les autorités nouvellement installées de la transition malienne, même si on se doute bien qu'elles n'ont peut-être fait que récolter les fruits des différentes initiatives prises par le régime déchu du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Plus de: L'Observateur Paalga

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