Congo-Kinshasa: Controverse dans l'enseignement catholique

Radio Okapi/Ph. John Bompengo
La rentrée scolaire n’est pas effective dans certaines écoles de Kinshasa (archive)

Pour le cardinal Fridolin Ambongo, tout enseignant d'une école catholique doit être un fidèle catholique. Des propos qui n'ont pas plu au gouvernement congolais.

Trois jours avant la rentrée des classes en République démocratique du Congo, le vice-ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et technique, appelle le chef de l'Eglise catholique, le cardinal Fridolin Ambongo, au respect de la loi. Ceci après que le cardinal Fridolin Ambongo a déclaré qu'à partir de cette année scolaire, tout enseignant de l'école primaire catholique doit être un fidèle catholique. Une sortie que n'accepte pas le gouvernement congolais.

Redoutant de voir reculer la foi catholique, le cardinal Fridolin Ambongo, chef de l'Eglise catholique, a souligné dans son homélie dimanche dernier, l'importance d'inculquer la foi aux enfants à partir de l'école primaire.

C'est dans ce cadre qu'il a déclaré qu'à partir de cette année scolaire, seuls les fidèles catholiques auront le droit d'enseigner dans les écoles conventionnées catholiques.

"Ce n'est pas l'Eglise catholique qui paie ses enseignants"

Une déclaration qui viole la loi congolaise, selon Didier Bidimbu, vice-ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et technique, qui rappelle que ce n'est pas l'église catholique qui prend les enseignants en charge :

"Tous les enseignants des écoles conventionnées catholiques sont payés par le Trésor public. Donc par la cotisation de tous les Congolais de toutes les confessions. Il n'y a pas de discrimination dans notre Constitution par rapport aux religions, par rapport à la foi de tout un chacun. Les écoles conventionnées catholiques appartiennent à l'Etat. Ce n'est pas l'église catholique qui paie ses enseignants."

Certains enseignants rencontrés à Kinshasa, ont aussi condamné cette déclaration. Ils ont qualifié la décision de l'Eglise catholique de tentative de faire échouer le président Félix Tshisekedi en multipliant le nombre de chômeurs.

"Ils vont mettre des enseignants au chômage. Cette mesure est discriminatoire. Notre loi veut que tout le monde puisse travailler calmement. Ils ne peuvent pas nous forcer. Notre loi ne peut pas permettre ça. Ils veulent nous amener où ? Nous avons beaucoup souffert, on ne nous payait pas bien quand Kabila était au pouvoir. Cette interdiction-là n'existait alors pas, donc pourquoi ? Les catholiques sont en train de faire une politique de deux poids deux mesures pour faire échouer Tshisekedi, le président de la République. Le gouvernement doit s'y opposer catégoriquement", des propos tenus par des enseignants congolais.

La question reste de savoir, dans le cas où l'Eglise pourrait camper sur ses positions, quel serait alors le sort des enseignants qui se verraient chassés des écoles conventionnées catholiques dans un pays où le marché d'emploi est saturé.

C'est ce lundi 12 octobre qu'est prévue la rentrée scolaire sur toute l'étendue du territoire de la République démocratique du Congo.

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