Afrique: Covid-19 - Jusque-là exemplaire, la Tunisie sombre dans la crise sanitaire

Le couvre-feu est instauré dans plusieurs grands gouvernorats comme Tunis, Sousse ou Monastir. Les prières et marchés hebdomadaires y sont désormais interdits et les festivités et rassemblements annulés. Alors qu'au début de l'été, on vantait le modèle tunisien pour sa gestion de la pandémie, le ton a changé.

Le pays comptait 50 morts début août et affiche désormais 409 décès. En mars, le confinement général et la fermeture des frontières avaient permis de circonscrire la propagation du virus.

Mais la réouverture des frontières au début de l'été et le relâchement général face au virus ont abouti à un développement incontrôlé des cas. Dans le même temps, la commission scientifique, dont les recommandations étaient suivies à la lettre au printemps, par le gouvernement, n'a plus l'oreille des politiques.

L'économie à genoux

Plusieurs de ses membres défendaient par exemple l'idée d'un confinement à Tunis ces derniers jours. Le Premier ministre a balayé l'idée, arguant des conséquences économiques désastreuses qu'il engendrerait dans un pays déjà à bout de souffle.

25 membres du Parlement sont en quarantaine, dont six infectés par le virus. La situation actuelle ressemble à ce que d'autres pays dans le monde ont vécu face à la première vague, mais la réussite du printemps a épuisé les forces, et le système de santé, fragile, est déjà proche de la saturation. Le matériel de protection fait défaut dans les écoles et les hôpitaux, et les mesures de prévention sont désormais contestées par le secteur privé.

La porte-parole du ministère de la Santé a annoncé la généralisation de la contamination sur tout le territoire. C'est fini le suivi cas par cas et le décompte précis des malades. Le système de gestion du virus a changé selon un membre de la commission scientifique.

L'impact sur les finances publiques est déjà estimé à plusieurs milliards d'euros, le chômage frôle les 20 % et toute mesure forte de reconfinement risquerait de porter le coup de grâce d'une économie à genoux. Ce que le nouveau gouvernement, en place depuis début septembre, n'est pas prêt à envisager.

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