Afrique: Réunion virtuelle « Se mobiliser avec l'Afrique » du 9 octobre 2020 - Allocution d'ouverture de Mme Georgieva, Directrice générale

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Excellences, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs, je vous remercie de participer à cette importante manifestation, que j'ai l'honneur de coorganiser avec le président Malpass. Je tiens également à saluer M. Guterres, Secrétaire général des Nations unies, et M. Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'Union africaine.

Nous sommes réunis ici aujourd'hui parce que la COVID-19 continue de porter atteinte à la santé et au bien-être des personnes, et de peser lourdement sur l'économie. En Afrique, le nombre de cas s'élève à plus d'un million, 23 000 décès ont été confirmés et d'innombrables autres ne l'ont pas été. Des emplois ont été perdus, les revenus des familles ont baissé de 12 % et, selon nos collègues de la Banque mondiale, jusqu'à 43 millions de personnes supplémentaires risquent de tomber dans une situation d'extrême pauvreté, ce qui renverserait une tendance dont nous étions si fiers.

C'est ensemble que nous faisons face à cette crise et il est dans l'intérêt de tous de se mobiliser et de lutter conjointement contre cette pandémie. Et cela signifie se mobiliser aux côtés de l'Afrique.

Progrès accomplis

Depuis notre première réunion « Se mobiliser avec l'Afrique » tenue au printemps dernier, nous avons vu les dirigeants africains agir rapidement, malgré des contraintes financières souvent très strictes. Ils ont augmenté de 2,5 % du PIB en moyenne les dépenses consacrées à la santé et aux programmes sociaux afin de répondre aux besoins de leur population.

Des mesures de soutien ont également été prises à l'échelle mondiale.

Les institutions financières internationales ont apporté une aide financière considérable dans le cadre d'un appui accéléré. À ce titre, le FMI a fourni environ 26 milliards de dollars, qui ont permis de lutter contre la maladie et d'atténuer ses répercussions économiques sur les personnes et les entreprises. Ce montant est dix fois supérieur à la moyenne annuelle des prêts que nous avons accordés au cours de la décennie précédente. Et comme la crise perdure, nous continuons de nous mobiliser. Ces dernières semaines, le conseil d'administration du FMI a approuvé une prolongation de six mois du relèvement des limites d'accès au titre de notre facilité de crédit rapide et de notre instrument de financement rapide, ainsi qu'une prolongation de six mois de l'allégement de la dette pour les pays membres les plus pauvres au titre du fonds fiduciaire d'assistance et de riposte aux catastrophes.

Des pays comme le Burkina Faso, la Gambie et la République centrafricaine ont mis en place des mécanismes de gouvernance remarquables pour s'assurer que les fonds dégagés bénéficient effectivement à leur population.

Le défi du financement

Cela dit, nous devons tous, pays comme institutions, en faire plus pour aider l'Afrique à aborder la prochaine phase, celle consistant à sortir de cette crise.

Malgré des ajustements internes de grande ampleur, les États africains affichent toujours des besoins de financement de l'ordre de 1 200 milliards de dollars d'ici à 2023. Certains pays font face à une lourde charge de la dette qui les oblige à choisir entre le service de la dette et une hausse des dépenses dans le domaine social et sanitaire.

Les engagements actuels des institutions financières internationales et des créanciers bilatéraux officiels devraient combler moins d'un quart de ce montant. Étant donné que le niveau de capitaux privés reste faible, nous faisons face à un déficit prévu de plus de 345 milliards de dollars d'ici à 2023, et près de la moitié de cette somme concerne des pays africains à faible revenu.

Relever le défi du financement

La réunion d'aujourd'hui porte sur les mesures décisives que nous pouvons prendre pour combler cet écart.

Au FMI, nous savons combien il est important et urgent de renforcer notre soutien à l'Afrique afin que le continent puisse accélérer dans sa longue ascension vers la reprise.

Premièrement, nous collaborons avec nos pays membres pour accroître encore notre capacité de prêt à des conditions préférentielles. Nous avons fait des progrès impressionnants dans la reconstitution du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance et nous continuons de coopérer avec les pays membres qui en ont les moyens afin qu'ils nous prêtent temporairement une partie de leurs DTS et que nous puissions ainsi accroître les prêts concessionnels accordés aux pays qui en ont besoin. Nous lançons également un appel pour de nouvelles promesses de dons qui permettront d'augmenter les financements concessionnels en faveur des pays à faible revenu.

Deuxièmement, nous nous engageons à collaborer avec les pays dont la dette est insoutenable. Nous sommes favorables à la prolongation de l'initiative du G20 relative à la suspension du service de la dette. Au-delà de cette initiative, nous sommes conscients de la nécessité de renforcer encore l'architecture internationale de restructuration de la dette et nous continuerons de restructurer les dettes au cas par cas si nécessaire. Nous sommes satisfaits de l'appui résolu de nos pays membres en faveur du renforcement du fonds fiduciaire d'assistance et de riposte aux catastrophes, alors que nous nous efforçons de mobiliser les promesses de dons nécessaires pour une troisième tranche.

Troisièmement, nous donnons la priorité à l'appui aux dirigeants africains par l'intermédiaire de nos programmes financiers ainsi que de nos activités de surveillance et de développement des capacités. La crise offre des possibilités de réforme et de transformation structurelle qui doivent être étayées par des politiques et des institutions fortes. Sans réforme, l'aide extérieure ne sera ni efficace ni suffisante. Nous répondrons présents pour aider nos pays membres à mettre en œuvre leurs stratégies visant à renforcer la gestion des finances publiques, à assurer la stabilité et l'inclusion financières, à stimuler les échanges commerciaux, à éliminer les obstacles aux investissements privés, à accélérer la croissance et à créer des emplois pour les jeunes. Nous soutiendrons les mesures destinées à améliorer la qualité des dépenses publiques dans des domaines essentiels : santé, éducation, protection sociale, passage au numérique et infrastructures.

Dans le cadre de toutes nos activités, nous travaillerons main dans la main avec les autorités nationales, les institutions régionales et les partenaires bilatéraux et multilatéraux.

La pandémie ne s'arrête pas aux frontières nationales : reliés par une corde, nous gravissons tous ensemble une montagne au milieu de la tempête. Et notre force ne se mesure qu'à celle des alpinistes les plus faibles.

Se soutenir les uns les autres, se mobiliser aux cotés de l'Afrique n'est donc pas seulement le meilleur choix, c'est la seule et unique solution.

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