Burkina Faso: Transparence des élections - L'UPC échange avec ses militants à Pô

C'est à Pô dans le Centre-Sud que l'Union pour le progrès et le changement (UPC) a tenu ses deuxièmes journées parlementaires.

A quelques jours des élections couplées du 22 novembre 2020, le groupe parlementaire UPC a échangé le samedi 10 octobre sur sa contribution à l'organisation d'élections transparentes, équitables et inclusives.

A ce rendez-vous du donné et du recevoir, le communicateur était le docteur Thomas Ouédraogo, directeur exécutif du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD).

Dans un plan subdivisé en trois grands points, il a présenté les mécanismes pour garantir des élections inclusives et transparentes : d'abord, il a présenté les élections comme une institution démocratique.

Selon le conférencier, les élections de 2020 comportent un enjeu stratégique pour le Burkina Faso de par le contexte dans lequel elles sont censées se dérouler.

A son avis, l'existence de plusieurs offres de solutions concurrentes témoigne de la vitalité du débat démocratique et du sens de l'anticipation. Il est donc important d'après ce docteur d'épuiser les solutions offertes par la Constitution et de rester dans la lettre et l'esprit de celle-ci.

En deuxième point, il n'a pas manqué d'évoquer les enjeux politiques institutionnels, sécuritaires, financiers et humanitaires des élections.

A l'écouter, la problématique des élections réside dans la difficulté à organiser les opérations électorales dans certaines zones, du fait de l'insécurité, et à faire voter les personnes déplacées.

« La tenue des élections à bonne date reviendrait à exclure une partie des Burkinabè du scrutin à cause de la situation sécuritaire ; toutefois son report engendrerait aussi une illégitimité du mandat présidentiel qui est pourtant intangible », a-t-il affirmé tout en faisant les propositions suivantes : « Solution 1 : On adopte une loi pour prolonger le mandat des députés, et le président du Parlement assure l'intérim du président du Faso pour organiser les élections.

Solution 2 : A l'expiration des mandats du président du Faso et des députés, on organise une transition à l'image de celle de 2014/2015. Solution 3 : On adopte une loi pour prolonger le mandat du président du Faso et des députés pour une période de six mois ».

Le docteur Ouédraogo préconise en dernier ressort la tenue des élections à bonne date pour éviter d'ajouter une crise institutionnelle à une crise sécuritaire, grave. Et cela relève des acteurs politiques soutenus par la communauté internationale.

Mais bien plus encore, a-t-il souligné, il faut tenir ces élections sur tout le territoire national et assurer la pleine participation de toutes les populations où qu'elles soient pour éviter que le président élu souffre d'un manque de légitimité ou que des provinces ne soient pas représentées à l'Assemblée nationale.

Les explications de Zéphirin Diabré

L'Union pour le progrès et changement (UPC) a enregistré des démissions de militants le week-end écoulé. Parmi les dissidents, Nathanaël Ouédraogo, troisième adjoint au maire de la commune de Ouagadougou, dont la lettre de démission à fait le tour des réseaux sociaux.

A la faveur des deuxièmes journées parlementaires de l'UPC, interrogé, le président du parti, Zéphirin Diabré, s'est prononcé sur les défections.

« Dans le contexte de la sélection des candidats à la députation, il est clair que des frustrations et des découragements peuvent advenir, puisque c'est des moments où chacun espère quelque chose et peut ne pas l'avoir. Ce n'est pas qu'à l'UPC qu'on voit ça.

Je suis surpris de voir que les gens n'évoquent pas ce qui se passe au MPP où nous avons vu des démissions de députés. Au sein de notre parti, principalement au Kadiogo, nous avons enregistré un certain nombre de lettres de démission de personnes.

Est-ce qu'il y a un lien de cause à effet ? Je ne le sais pas. Mais je sais qu'il y a eu récemment au Kadiogo des primaires démocratiques pour choisir les candidats de la liste de cette province.

Comme en toute compétition, il y a eu des vainqueurs et des vaincus. Ceux qui n'ont pas été retenus ont pris une position que nous devons ensemble regretter.

Mais que nous sommes obligés aussi de respecter. C'est ce qui explique certaines correspondances qui circulent sur les réseaux sociaux. Il fut un temps où le président du parti et le bureau politique désignaient les gens. Mais les règles internes des partis évoluent. Aujourd'hui, les jeunes poussent fort pour que la démocratie prévale.

Les camarades sont désignés comme candidats à la députation pour une mission que leur confient les militants. Cette mission, on peut vous la confier aujourd'hui, mais on peut décider demain de choisir une autre personne.

Vous-même, vous pouvez dire, on me l'a confiée hier, donc cette fois-ci, on peut la confier à quelqu'un d'autre. C'est tout ça mis ensemble qui explique les changements.

Je peux vous assurez que les camarades qui sont dans le parti et qui ont exercé lors de la mandature précédente des mandats de député, même si leurs noms ne figurent pas sur les listes, ça ne veut pas dire qu'ils ne sont pas des soldats du parti.

Ils sont dans le parti à mes côtés, et j'espère que l'occasion nous sera donnée bientôt de leur confier d'autres responsabilités ».

Plus de: L'Observateur Paalga

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