Cote d'Ivoire: Koné Boubacar, co-président du Comité d'organisation - « Près de 50 000 personnes n'ont pas pu arriver au stade »

interview

Co-président du Comité d'organisation, l'ambassadeur Koné Boubacar que nous avons joint au téléphone, hier, fait le point des entraves perpétrées contre les militants.

Excellence, il a été signalé des cas d'empêchement, de saccage de véhicules transportant des militants de l'opposition au stade. Pouvez-vous nous faire le point des entraves ?

Oui, j'ai quelques indications. Nous allons recouper toutes les informations qui nous sont parvenues. Au niveau du Comité d'organisation, nous évaluons à peu près 50 OOO personnes qui n'ont pas pu arriver au stade.

Quand on fait l'addition et la multiplication au niveau des cars déjà, des cars de moyenne contenance, et ceux qui sont venus en voiture mais qui n'ont pas pu accéder au stade, les militants venus à pied qui ont été découragés et refoulés, on va chercher dans des chiffres très importants. Nous évaluons à peu près 50 000 personnes ceux qui ont été refoulés, découragés, en tout cas empêchés de venir au stade. Principalement, sur les axes Aboisso-Abidjan, Yopougon par Sébroko, et ensuite Adjamé. Le Plateau a été complètement isolé.

J'ajoute que nous avons pris au niveau du Comité d'organisation, des initiatives pour aller faire rentrer des militants bloqués à des corridors, pour demander aux policiers de permettre aux militants d'accéder au stade.

Mais, ils ont été vicieux parce que chaque fois qu'on arrivait, ils nous laissaient penser qu'ils accédaient à notre demande. Ils laissaient passer un flot et quand on donnait dos, ils refermaient. On s'est rendu compte que chaque fois, ils refermaient ces corridors. Et ça, ce n'est pas sérieux.

L'on a pu constater un dispositif sécuritaire très impressionnant dans la commune du Plateau. Vous en saviez quelque chose de ce dispositif au niveau du Comité d'organisation ? Aviez-vous été associé à ce dispositif ?

Non. Ce que je vais vous expliquer est scandaleux. Les jours précédents et la veille, nos camarades de la Commission sécurité ont eu deux grandes séances de travail avec les forces de l'ordre, à la Préfecture de police.

Et nous avions convenu d'un certain nombre de choses. Le matin du meeting, tout a été bouleversé. On n'a pas reconnu ceux avec qui on avait travaillé la veille. Beaucoup avaient déjà fermé leurs téléphones. Ce qui veut dire qu'ils ont reçu des instructions et des consignes contraires au cours de la nuit. C'est ce que nous soupçonnons.

En dépit des entraves multiples, le stade a accueilli un beau monde. Etes-vous satisfait ?

Nous avons lancé, séance tenante, samedi matin, de nombreux messages appelant au courage pour vaincre les obstacles. Parce que l'enjeu était important, il fallait que les militants nous rejoignent au stade.

Ça a encouragé bon nombre d'entre eux. Les messages ont été diffusés immédiatement sur les réseaux sociaux. Nous avons été approchés par beaucoup de militants qui nous ont dit qu'ils sont arrivés suite à nos appels. Et donc, heureusement qu'ils ont vu nos appels. Malgré toutes les entraves, tous les obstacles, nous sommes satisfaits. Pourquoi ? Parce que déjà dans le stade, sur la pelouse, 100 000 chaises avaient été disposées qui auraient pu être toutes occupées si nos amis avaient été un peu disciplinés.

Vous avez pu entendre les appels répétés pour que les gens quittent les couloirs et la piste d'athlétisme pour s'installer sur les chaises. Mais les appels ont eu un écho mitigé. Nous notons donc que s'il y avait eu la discipline que nous avons souhaitée, les 100 000 chaises sur la pelouse auraient été toutes occupées. Maintenant, dans les tribunes, on a bien vu que c'était très plein. Et les gradins étaient occupés à 90%. Ce qui me donne une évaluation d'occupation d'à peu près 150 000 personnes.

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